Rechercher

Derniers posts.

SCIencextrA...

mardi 24 juin 2008

La liste rouge des espèces menacées 2006

La liste rouge de l’UICN des espèces menacées 2006™ révèle une dégradation constante de l’état des plantes et des animaux
On sait, avec certitude, qu’au moins 16 119 espèces sont menacées d’extinction. Des animaux aussi familiers que l'ours blanc, l'hippopotame et les gazelles du désert viennent grossir les rangs des espèces menacées d'extinction, en compagnie des requins océaniques, des poissons d'eau douce et des fleurs méditerranéennes. Des mesures de conservation ont été bénéfiques au pygargue à queue blanche et offrent une lueur d'espoir aux vautours indiens.

Genève, Suisse, 2 mai 2006 (UICN) – Les espèces officiellement déclarées Éteintes sont au nombre de 784 et 65 autres n'existent qu'en captivité ou en culture. Sur les 40 177 espèces évaluées à l'aide des critères de la Liste rouge de l'UICN, 16 119 sont aujourd'hui déclarées menacées d'extinction. Un amphibien sur trois et un quart des espèces de conifères du monde, un oiseau sur huit et un mammifère sur quatre sont en péril.

La Liste rouge de l'UICN des espèces menacées 2006™ met clairement en lumière le déclin permanent de la biodiversité mondiale et l'impact de l'humanité sur toutes les formes de vie de la planète. Reconnue comme l'évaluation la plus sérieuse de l'état de conservation mondial des plantes et des animaux, la Liste fournit une mesure exacte et précise des progrès, ou de l'absence de progrès de l'objectif fixé par la communauté mondiale : assurer, d'ici à 2010, une forte réduction du rythme actuel de perte de la diversité biologique.

« La tendance qui se dégage de la Liste rouge de l'UICN 2006 est claire : la perte de biodiversité s'accélère au lieu de ralentir » déclare Achim Steiner, Directeur général de l'Union mondiale pour la nature (UICN). «Cette tendance est lourde de conséquences pour la productivité et la résilience des écosystèmes ainsi que pour la vie et les moyens d'existence des milliards de personnes qui en dépendent. Il est possible de la renverser, comme le prouvent les nombreux succès de la conservation. Mais pour réussir à l'échelon mondial, il faut nouer de nouvelles alliances entre tous les secteurs de la société. La biodiversité ne sera pas sauvée par les seuls spécialistes de l'environnement -- il faut qu'elle devienne la responsabilité de chacun d'entre nous et que nous ayons les moyens et les ressources pour agir » a-t-il ajouté.

La fonte des calottes polaires...

L'ours blanc (Ursus maritimus) est voué à devenir une des plus célèbres victimes du réchauffement climatique mondial. L'impact des changements climatiques se fait de plus en plus sentir dans les régions polaires où, l’été, la banquise devrait diminuer de 50 à 100 % dans les 50 à 100 prochaines années. Comme ils dépendent de l'écoulement glaciaire arctique pour chasser les phoques et qu’ils sont hautement spécialisés et adaptés à la vie dans le milieu marin arctique, les ours blancs devraient subir un déclin de plus de 30 % de leur population dans les 45 prochaines années. Jusque-là inscrit par l'UICN comme espèce dépendant de mesures de conservation, l'ours blanc entre dans les catégories des espèces menacées où il est désormais classé Vulnérable. (Des explications sur les catégories de menaces de la Liste rouge de l'UICN se trouvent dans les Notes aux rédacteurs).

... la mort des déserts...

L'empreinte mondiale de l'humanité sur la planète est même visible dans des régions à priori éloignées de toute influence anthropique. Les déserts et les zones arides pourraient sembler relativement intacts mais les animaux et les plantes, spécialement adaptés, y sont parmi les plus rares et les plus menacés. Lentement mais sûrement, les déserts se vident de leur faune et de leur flore diverses et spécialisées, pratiquement à notre insu.

La chasse non réglementée suivie de la dégradation de l'habitat : telles sont les principales menaces pour la faune du désert. La gazelle dama (Gazella dama) du Sahara, déjà considérée En danger en 2004, a subi une perte de 80 % de ses effectifs en 10 ans, en raison d'une chasse non contrôlée ; elle est aujourd'hui rangée dans la catégorie En danger critique d'extinction. D'autres espèces de gazelles du Sahara sont également menacées et semblent destinées à subir le sort de l'oryx algazelle (Oryx dammah), Éteint à l'état sauvage.

Des pressions semblables s'exercent sur les antilopes d'Asie. La gazelle à goitre (Gazella subgutturosa) dispose d'une vaste aire de répartition dans les déserts et les semi-déserts de l'Asie centrale et du Moyen-Orient et, jusqu'à ces dernières années, comptait des populations importantes au Kazakhstan et en Mongolie. Dans les deux pays, la disparition des habitats et la chasse illicite pour la viande sont responsables de déclins brutaux. La gazelle, qui était considérée Quasi menacée, est maintenant classée Vulnérable.

... et les océans qui se vident

Une nouveauté importante dans la Liste rouge 2006 : la première évaluation régionale complète de certains groupes marins.

Les requins et les raies figurent parmi les premiers groupes marins systématiquement évalués et sur les 547 espèces inscrites, 20 % sont menacées d'extinction. Cela confirme les craintes selon lesquelles ces espèces à croissance lente sont exceptionnellement sensibles à la surpêche et disparaissent à un rythme sans précédent dans le monde entier.

Le sort de l'ange de mer commun (Squatina squatina) et du pocheteau gris (Dipturus batis), qu'il était autrefois courant d'observer sur les marchés aux poissons européens, illustre de manière tragique la détérioration rapide et récente de l'état de nombreux requins et raies. Ils ont pratiquement disparu des étalages. L'ange de mer (passé de la catégorie Vulnérable à En danger critique d'extinction) est déclaré Éteint dans la mer du Nord tandis que la raie grise (passée de la catégorie En danger à En danger critique d'extinction) est aujourd'hui très rare en mer d'Irlande et dans le sud de la mer du Nord.

La pêche exploite des eaux de plus en plus profondes et le squale-chagrin commun (Centrophorus granulosus) qui vit sur les fonds marins est désormais considéré Vulnérable avec des déclins locaux de 95 % de sa population. Cette pression de pêche, pour sa viande et sa riche huile de foie, dépasse largement la capacité de reproduction de ce poisson ainsi que les niveaux de pêche durable. Faute d'imposer des limites de capture au niveau international, les populations de ce squale sont vouées au déclin.

« Beaucoup d'espèces marines connaissent aujourd'hui un risque d'extinction aussi élevé que les espèces terrestres : la situation désespérée de nombreux requins et raies n'est que la partie émergée de l'iceberg » déclare Craig Hilton-Taylor, de l’Unité Liste rouge de l’UICN. « Il est vital de prendre des mesures pour améliorer considérablement les pratiques de gestion et appliquer des mesures de conservation telles que des zones interdites à la pêche, des règlements sur le maillage des filets et des limites de capture internationales, avant qu'il ne soit trop tard. »

Les poissons d'eau douce en tête de la liste des extinctions

Les espèces d'eau douce ne vont pas mieux. Leur taux de déclin est parmi les plus importants : 56 % des 252 espèces de poissons d'eau douce endémiques du bassin méditerranéen sont menacés d'extinction ce qui représente la plus forte proportion pour toutes les évaluations régionales de poissons d'eau douce effectuées à ce jour. Sept espèces, notamment deux apparentées aux carpes, Alburnus akili et Telestes ukliva sont aujourd'hui Éteintes respectivement en Turquie et en Croatie. Sur les 564 espèces de libellules et de demoiselles évaluées à ce jour, près d'une sur trois (174) est menacée, dont près de 40 % des libellules endémiques du Sri Lanka.

« Nous avons besoin de poissons pour nous nourrir mais les activités de l'homme dans les bassins versants -- le défrichement des forêts, la pollution, l'exploitation de l'eau et l'eutrophisation sont les principaux facteurs qui influencent la qualité de l'eau et sa quantité. L'impact est énorme sur les espèces d'eau douce et, en conséquence, sur les communautés riveraines » déclare Dr. Jean-Christophe Vié, Coordonnateur adjoint du Programme de l'UICN pour les espèces.

En Afrique de l'Est, les effets des activités humaines sur les milieux d'eau douce menacent un poisson sur quatre (28 %). Les conséquences commerciales et alimentaires pourraient être graves dans des pays tels que le Malawi où 70 % des protéines animales consommées proviennent des poissons d'eau douce. La truite lacustre ou mpasa (Opsaridium microlepis) du lac Malawi fait l'objet d'une pêche intensive durant sa remontée des rivières en période de frai mais elle a subi un déclin de 50 % depuis 10 ans en raison de la sédimentation au niveau des frayères et de la réduction des débits par l'extraction d'eau. Elle est aujourd'hui considérée En danger.

Les écosystèmes d'eau douce ne sont pas seulement une importante source alimentaire, ils sont essentiels pour la fourniture d'eau potable propre et l'assainissement. Plus d'un milliard d'habitants de la planète n'ont pas encore accès à de l'eau salubre. Or, avec le déclin permanent des zones humides et des écosystèmes d'eau douce, il est de plus en plus difficile de satisfaire ce besoin et de maintenir les approvisionnements actuels.

Avec leur biologie semi-aquatique, les libellules sont des indicateurs utiles de la qualité de l'habitat au-dessus et au-dessous de la surface de l'eau. Sur les hauts plateaux du Kenya où la densité de population humaine est élevée et où de nombreux cours d'eau prennent leur source, une espèce de libellule des cours d'eau des forêts montagneuse s, Notogomphus maathaiae, classée En Danger, est utilisée comme porte-drapeau d’une campagne de sensibilisation du public au rôle de « gardien du bassin versant » que jouent ces espèces. La protection des forêts riveraines aidera aussi les agriculteurs vivant au pied des montagnes en assurant la stabilité des sols et un débit d'eau régulier. C'est à juste titre que cette libellule a été nommée en l'honneur de Wangari Maathai, prix Nobel de la paix, qui, inlassablement, fait campagne pour la protection des ressources naturelles de la planète comme arme de lutte contre la pauvreté.

En République démocratique du Congo, les hippopotames ont perdu 95 % de leur population -- l'espèce est classée Vulnérable

Les grandes espèces d'eau douce telle que l'hippopotame (Hippopotamus amphibius) sont aussi en difficulté. Une des espèces aquatiques africaines les plus emblématiques, l'hippopotame est considéré menacé pour la première fois et classé dans la catégorie Vulnérable essentiellement en raison du déclin catastrophique qu’il a subi en République démocratique du Congo (RDC). En 1994, la RDC possédait la deuxième population d'Afrique – 30 000 hippopotames, après la Zambie qui en avait 40 000 – mais elle a perdu 95 % de cette population à cause de la chasse non réglementée pour la viande et l'ivoire des dents.

« Touchées par les conflits régionaux et l'instabilité politique qui règne dans certains pays d'Afrique, beaucoup de populations connaissent des difficultés et l'impact sur la faune sauvage est également dévastateur » déclare Jeffrey McNeely, Conseiller scientifique en chef de l'UICN.

Autre victime de l'instabilité politique et des conflits, l'hippopotame pygmée (Hexaprotodon liberiensis) est une espèce beaucoup moins connue, présente dans une poignée de pays d'Afrique de l'Ouest seulement. Cet animal forestier craintif était déjà classé Vulnérable mais l'exploitation illicite du bois et l'incapacité d'assurer la protection dans certaines zones centrales l'ont poussé à se réfugier dans des fragments forestiers qui se réduisent comme peau de chagrin. Il est aujourd'hui classé dans la catégorie En danger.

Un tableau plus complet des plantes méditerranéennes menacées

La Liste rouge 2006 comprend de nouvelles espèces de la région méditerranéenne, un des 34 points chauds de la biodiversité mondiale avec près de 25 000 espèces de plantes dont 60 % n'existent nulle part ailleurs. En Méditerranée, les pressions de l'urbanisation, du tourisme de masse et de l'agriculture intensive ont poussé de plus en plus d'espèces indigènes telles que la buglosse Anchusa crispa et la centaurée Femeniasia balearica (toutes deux En danger critique d'extinction) vers l'extinction. La buglosse n'est connue que de 20 sites de petite taille et il reste moins de 2200 centaurées adultes.

La Liste rouge de l'UICN – un appel à la mobilisation en faveur de la diversité biologique

Mais que peut-on faire pour mettre un terme au déclin de la diversité biologique dont dépend tellement notre propre bien-être, et pour renverser la tendance?

La Liste rouge agit comme un signal d'alarme, appelant le monde à prendre conscience de l'état de notre environnement naturel. Outil de plus en plus puissant au service de la planification, de la gestion, du suivi et de la prise de décision en matière de conservation, elle est très largement citée dans la littérature scientifique comme le système le mieux adapté pour évaluer le risque d'extinction des espèces.

Elle est, à l'échelon mondial, l'outil décisionnel et scientifique le plus renommé pour la conservation des espèces mais elle est aussi de plus en plus largement adoptée au niveau national. Aujourd'hui, pour déterminer leurs priorités en matière de conservation, 57 pays au moins ont recours à des listes rouges nationales qui appliquent les critères de l'UICN.

La conservation, çà marche !

Grâce à des mesures de conservation, l'état de certaines espèces s'est amélioré : c'est la preuve que la conservation, çà marche !

Dans de nombreux pays d'Europe, la reconstitution des populations de pygargues à queue blanche (Haliaeetus albicilla) a été spectaculaire. Les effectifs ayant doublé dans les années 1990, l'espèce est passée de la catégorie Quasi menacée à la catégorie Préoccupation mineure. L'application de lois interdisant de le tuer et de mesures de protection pour éliminer les menaces que constituaient les changements de son habitat et la pollution sont à l'origine de cette embellie.

Sur l'île australienne de Christmas, le fou d'Abbott (Papasula abbotti) déclinait en raison d la disparition de son habitat et de la présence d'une espèce exotique envahissante, la fourmi folle jaune Anoplolepis gracilipes qui ravageait l'écologie insulaire. Le fou, inscrit dans la catégorie En danger critique d'extinction en 2004 voit ses effectifs augmenter grâce aux mesures de conservation et a été déplacé vers la catégorie En danger.

D'autres plantes et animaux mis en avant lors de publications précédentes de la Liste rouge font aujourd'hui l'objet d'actions de conservation concertées qui devraient conduire à une amélioration de leur état de conservation dans un proche avenir.

En Asie du Sud-Est, le poisson-chat géant du Mékong (Pangasianodon gigas) qui est, avec ses 300 kilos, l’un des plus grands poissons d'eau douce du monde, a été inscrit dans la catégorie En danger critique d'extinction en 2003. Devenu l'une des quatre espèces emblématiques du Programme pour la diversité biologique et l'utilisation durable des zones humides du Mékong, il fait désormais l'objet d'une coopération régionale en matière de gestion de la pêche et d'activités de conservation.

Grâce à des mesures prises d'urgence par suite du déclin spectaculaire de 97 % de la population du vautour indien (Gyps indicus) inscrit dans la catégorie En danger critique d'extinction en 2002, l'avenir de cette espèce ainsi que d'espèces apparentées est aujourd’hui plus sûr. Le médicament vétérinaire qui était à l'origine de son empoisonnement involontaire, le diclofenac, est aujourd'hui interdit en Inde. Un produit de substitution prometteur a été trouvé et des colonies de vautours indiens élevés en captivité serviront au programme de réintroduction.

Beaucoup d'autres espèces telles que le poisson Napoléon (Cheilinus undulatus) inscrit dans la catégorie En danger depuis 2004 et l'antilope saiga (Saiga tatarica) placée dans la catégorie En danger critique d'extinction depuis 2002 font aussi l'objet de campagnes de conservation concertées.

« Ces exemples sont la preuve que les mesures de conservation font la différence » conclut Achim Steiner. « Mais il en faut beaucoup plus. Le succès de la conservation prouve que nous ne devrions pas rester des spectateurs passifs de la tragédie de la perte de biodiversité et de l'extinction des espèces qui se déroule sous nos yeux. L'UICN, avec les nombreux autres acteurs de la communauté mondiale de la conservation, continuera de prôner des investissements plus conséquents en faveur de la biodiversité et de mobiliser de nouvelles coalitions entre tous les secteurs de la société. »

*** FIN ***

dimanche 22 juin 2008

La réintroduction d’espèces sauvages


La réhabilitation : entre utopie et réalité

La question de la réintroduction d’espèces sauvages en milieu naturel est souvent sujet à polémiques d’ordre publique ou scientifique, voire les deux. La réussite ou l’échec de ces projets sont dépendantes de facteurs :

- socio-économiques notamment concernant le coût de la logistique de certains projets,

- biologiques : certaines espèces sont en effet plus « faciles à réhabiliter »

- éthologiques car au sein d’une même espèce, d’un même groupe, chaque individu diffère de son congénère par son potentiel génétique, cognitif, son histoire familiale..

- anthropologiques : l’environnement humain ne doit en effet jamais être négligé. L’exemple des Ours des Pyrénées et/ou du Loup dans le Mercantour le montre bien : les communautés locales doivent être consultées.

- ethnologiques : l’image même de la faune sauvage varie selon les cultures. Dans un pays où la domestication est phénomène courant, l’animal est presque chosifié et les espèces sauvages dans « l’imagerie collective » sont alors perçues comme dangereuses et devant vivre en captivité.

Exemples de cas de réhabilitation : les Cétacés impossibles à réintroduire en milieu naturel ?

Deux expériences à ce sujet se contredisent : parmi le sous-Ordre des Odontocètes, l’Orque (Orcinus orca) Keiko longtemps captive et réintroduite en milieu marin montre les limites d’un tel projet. En effet, en dépit d’un protocole et d’une préparation rigoureuse, l’animal a été d’une part dénaturé par la captivité et n’a pu rétablir de liens sociaux avec ses congénères, d’autre part, présentait des pathologies dû à sa captivité.

En revanche, en 1998, deux Dauphins (un mâle et une femelle) tachetés des Tropiques nés en milieu naturel, ont été transférés d’un delphinarium vers les îles Caïmans, par un binome de spécialistes de Mammifères marins.

Ils ont au préalablement été réhabitués à se nourrir de proies vivantes avant d’être suivis par les scientifiques. Notons que les deux individus étaient issus du même groupe d’origine et partageaient donc le même « alphabet sonore ». Les résultats se sont avérés positifs car au bout de plusieurs mois, les deux individus pistés et observés chassaient, élément indispensable pour leur autonomie, et avaient rejoint un groupe de Dauphins de l’île.

L’association de deux individus réintroduits en milieu naturel après des années de captivité est-elle plus garante de la réussite d’un tel projet ? Aurait-il fallu réhabiliter Keiko avec un congénère ?

Le cas du Lynx dans l’Est de la France

Rare depuis le XVII siècle, le Lynx a officiellement disparu du pays. Il est cependant présent dans les Vosges, grâce aux programmes de réintroduction et à l’extension des massifs du Jura et des Alpes français, suite aux opérations suisses de réintroduction dans les années 70. En dépit d’un travail d’information vers les populations locales la perception de cet animal reste variable suivant les catégories sociales : milieu ovin ou caprin.

Dans le Massif Vosgien

L’opération menée entre 1983 et 1985 s’est heurtée à deux obstacles, le premier lié à un défaut d’information aux autorités locales le second à un imprévu concernant la territorialité de deux lynx réintroduits. En effet, ceux-ci ont occupé un espace plus large que celui initialement prévu, là où l’information sur le relâché des animaux n’avaient pas été relayée. Un lynx fût d’ailleurs abattu par braconnage en 1984. Un an plus tard, à l’aide d’un suivi méthodologique, 6 individus, 4 mâles et 2 femelles sont réintroduits ; les animaux sont radiopistés, un chien est dressé pour rechercher les restes des proies, essentiellement des Chevreuils sur les 5000 ha fréquentés par le prédateur. Les résultats des analyses des données ont montré qu’en fait, le lynx se déplaçait sur 17 000 ha et qu’il chassait au maximum trois Chevreuils par mois.

Dans le Massif Jurassien

L’opération de réintroduction de cette région s’est soldée par un succés en Suisse. En dépit des attaques sur le cheptel qui ont augmenté, notamment d’Ongulés (Chamois, Chevreuil), l’opération a été plutôt bien accueillie. Ce problème a donné lieu à des mesures de protection telles que des tirs à partir des parcs attaqués, la mise en place de colliers toxiques autour du cou d’animaux domestiques et surtout des indemnisations pour les propriétaires préjudiciables.... 7 Lynx ont alors été éliminés.

En conclusion ...

Ces deux expériences, dans deux massifs différents montrent bien que la « structure d ’accueil » doit être suffisante et dans le cas du Lynx au minimum de 10 000 à 30 000 ha par individu. Par ailleurs , des études et suivis doivent être réalisés notamment sur l’influence en quantité et qualité de la prédation exercée sur le Chevreuil. Et surtout, les aspects sociologiques avec une concertation des parties concernées, voire le développement d’outils de communication, est un gage de réussite.

Source:faunetude

Les baleines franches peuvent migrer sans risques!

Les baleines franches de l’Atlantique Nord peuvent désormais migrer sans risques au large de Boston (Etats-Unis). Mais ce n'était pas gagné!

Les couloirs d’accès au port de la ville ont été modifiés et leur largeur réduite pour éviter que les bateaux ne heurtent un cétacé. Avec moins de 300 individus sauvages, cette espèce est au bord de l’extinction en raison de la surpêche dont elle a fait l’objet.

Sciences et avenir, août 2007

samedi 21 juin 2008

Attaque multiples de Vautour.

On rapporte une recrudescence d’attaques de vautours perpétrées sur des animaux de ferme dans les Pyrénées-Atlantique, plus précisément au Pays basque. L’insuffisance de carcasses animales en montagne oblige ces rapaces à rechercher leur proie parmi les animaux des régions avoisinantes. Plus d’un s’interrogent sur la pertinence de permettre aux équarrisseurs de récupérer les restes d’animaux dans l’intention d’en tirer profit. La pénurie de nourriture incite les vautours à s’attaquer à des animaux domestiqués.

Malgré une température défavorable à la sortie des vautours, les éleveurs de troupeaux dénombrent plusieurs assauts sur des animaux vivants. Des vaches, des cochons et des poulains figurent dans la liste des victimes de ces oiseaux de proie qui les pourchassent en s’associant avec leurs congénères. Les fermiers se refusent souvent à porter à la connaissance des autorités la perte d’animaux agressés considérant que les autorités en place ne leur apportent aucun secours.

Les vautours affamés délaissent en grand nombre leur portée pour se rendre à l’extérieur de leur territoire habituel. Les membres d’organisme voués à la défense des rapaces tentent de sensibiliser la population à cette situation préoccupante. Les vautours n’accèdent plus aujourd’hui aux décharges à ciel ouvert où s’entassaient auparavant les restes d’animaux. Craignant une contamination possible suite à la maladie de la vache folle, on procéda à la fermeture de ces charniers jugés insalubres.

Les habitants de ces régions estiment nécessaire que les responsables étudient la situation afin de pouvoir y remédier. Une évaluation des besoins en nourriture de ces oiseaux de proie permettrait d’envisager une solution aux difficultés de cohabitation des humains et de ces vautours devenus prédateurs.

Sources: Lexpress.fr, Ornithomedia.com

jeudi 19 juin 2008

Confirmer, l'extinction du phoque moine des Caraïbes

La National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine a confirmé vendredi 6 juin ce que les biologistes pensaient depuis longtemps : l’extinction du phoque moine des Caraïbes.




La dernière apparition confirmée d’un phoque de cette espèce remonte à 1952, entre la Jamaïque et la péninsule du Yucatan au Mexique. Le phoque moine des Caraïbes a été découvert en 1494, lors du deuxième voyage de Christophe Colomb vers le Nouveau Monde. On estime que 250 000 phoques vivaient à cette période dans les Caraïbes.

Il sont rapidement devenus une proie facile pour les chasseurs en raison de leur présence fréquente sur les plages, pour se reposer ou pour accoucher. Des années 1700 à 1900, ils ont été intensivement chassés pour leur graisse, utilisée comme composant d’huile et comme revêtement de fond de bateaux, ainsi que pour leurs peaux, qui servaient de vêtements, de sangles et de revêtements de troncs.

La NOAA a également annoncé qu’il ne restait plus que 1 200 phoques moines d’Hawaï et 500 phoques moines de Méditerranée et que leurs populations déclinaient, principalement à cause de la pollution et de l’appauvrissement de leur habitat.

Le phoque moine de Méditerranée est actuellement une des espèces de mammifères les plus menacés et la population de phoques moines d’Hawaï pourrait atteindre moins de 1 000 individus d’ici trois ou quatre ans, d’après la NOAA, plaçant également ces mammifères parmi les espèces les plus menacées.

Sources : Yahoo News

mardi 17 juin 2008

Le requin condamné à disparaître ?

Alors que d’aucuns persistent à le décrire comme un prédateur impitoyable, certains allant même jusqu’à dire qu’il fait preuve de plus en plus d’agressivité, le requin ne cesse de déserter nos océans. Se concentrant tout particulièrement sur la mer Méditerranée (1), région où l’on aurait observé pour la première fois les plus importants déclins de population, des chercheurs ont récemment publié une étude retraçant l’évolution du requin au cours des deux derniers siècles.

Bénéficiant du soutien financier du Lenfest Ocean Program (2), l’équipe de scientifique a réuni de nombreuses sources d’information avant d’être en mesure d’évaluer la présence du squale, passée et présente, en Méditerranée car, contrairement en Asie où ses ailerons sont très prisés pour leurs qualités gustatives, le requin y fait figure d’espèce peu lucrative et par conséquent son sort intéresse peu. Ce statut s’est avéré être un frein supplémentaire à la recherche, déjà laborieuse, de données démographiques valables. Pour pallier à cette carence d’information, les experts ont dû s’en remettre à des supports d’origine diverse, comprenant les rares statistiques officielles, les prises de requin recensées, mais également des observations visuelles dans l’eau ainsi que les journaux de bord de certains pêcheurs. Malgré tout, les informations réunies n’ont permis d’étudier avec précision que 5 des 20 espèces de grands requins répertoriées en eaux méditerranéennes, lesquelles incluent le requin bleu, une espèce de requin renard, deux espèces de requins taupes et une espèce de requin marteau.



Principal responsable de cette extermination massive, le commerce asiatique des produits dérivés du requin, la soupe aux ailerons étant très prisée par l’art culinaire chinois, prospère avec l’appui de dirigeants corrompus. A 500 dollars le kilo au détail, les ailerons de requins font ainsi la joie des braconniers qui n’hésitent pas à pratiquer à outrance le « shark finning » pourtant interdit.









Si la confirmation du déclin des populations méditerranéennes n’est pas une surprise, les chiffres avancés dépassent, en revanche, les prévisions les plus pessimistes. Au cours des 150 à 200 dernières années, les taux de déclin des 5 espèces étudiées se situent entre -97 et -99 %. Ces calculs se sont basés en partie sur la mesure de la biomasse (estimation du poids de prise exprimée en kilogrammes) qui, confrontée au nombre de prises, donne à penser que la régression constatée touche plus particulièrement les jeunes spécimens.
Même si elles affectent également les individus matures, les jeunes, de par leur taille réduite, sont plus exposés encore que leurs aînés aux prises involontaires ou « accessoires », fréquentes au cours de la pêche au thon et à l’espadon. Abondamment pratiqués en Méditerranée, ces deux types de pêche génèrent à l’heure actuelle bon nombre de morts inutiles.

De par sa capacité de reproduction limitée, le requin est particulièrement vulnérable à ces atteintes répétées. De croissance lente, il se distingue par une maturité sexuelle tardive. Autres facteurs handicapants, ses cycles de reproduction sont longs et le nombre de petits par portée (3) est restreint. Aussi, le renouvellement de l’espèce n’est assuré que si les adultes en âge de procréer, ou en phase de l’être, sont préservés suffisamment longtemps pour se reproduire à plusieurs reprises.

Et si, pour certains, l’extinction de ce gardien des profondeurs ne représente pas en soi une réelle perte, ils devraient revoir leur jugement au regard des retombées que celle-ci impliquerait pour l’ensemble de l’écosystème marin. Même si, pour l’heure, ils ignorent dans quelle mesure la disparition du plus grand prédateur des mers aura un impact sur le reste de la faune marine, les scientifiques se disent très préoccupés par la fonction clé que tient le requin dans le maintien de l’équilibre naturel. Des observations menées dans diverses zones de l’Atlantique ont ainsi mis en lumière que la baisse de population de grands requins avait considérablement modifié certaines chaînes alimentaires.

Alors que la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) a classé deux espèces de requins taupes communs, le lamie et le taupe bleu, en « danger critique d’extinction », et les requins bleus (marteaux communs et renards) comme « vulnérables », il est plus que temps de prendre des mesures de protection efficaces pour endiguer la mort annoncée du squale. Dans le cas contraire, avant la moitié de ce siècle, 90% des diverses espèces mondiales de requins devraient disparaître sous le poids de pêches accidentelles et illégales.

1- Les sites d’étude concernent la mer Adriatique, la mer Ionienne, la mer Ligure (située au Nord de la mer Tyrrhénienne et à l’Est du Golfe du Lion), les eaux espagnoles, le détroit de Sicile ainsi que la mer Tyrrhénienne.
2- Le Lenfest Ocean Program a été lancé en juillet 2004 par la fondation homonyme, the Lenfest Fondation. Il a pour vocation d’appuyer la recherche scientifique sur les ressources biologiques marines, notamment via un soutien financier, et d’aider les décideurs à mettre en œuvre des politiques de gestion durable des écosystèmes océaniques.
3- Le requin répond à trois modes de reproduction distincts. Le premier, qui concerne la majorité des espèces de requins, s’apparente à la mise-bas chez les mammifères ; la femelle donne naissance à des petits déjà formés en son sein. Proche du précédent, l’ovoviviparité voit les œufs éclore dans le ventre de la mère mais celle-ci ne nourrit pas directement les embryons formés. Enfin, la troisième alternative, l’oviparité, consiste à pondre les œufs directement dans l’océan.

Source:univers-nature

lundi 16 juin 2008

Convalescence d'un sanctuaire marin dévasté par six ouragans



Agence France-Presse

Dry Tortugas, États-Unis

Dévasté par le passage successif de six ouragans en 2004 et 2005, le parc national des Dry Tortugas, en Floride, l'un des plus grands sanctuaires marins des États-Unis, semble retrouver lentement son état d'origine, relèvent les scientifiques.


Les coraux détruits ont recommencé à croître et les poissons reviennent au fur et à mesure que leur habitat se reconstitue, selon le premier recensement sous-marin mené depuis le passage des éléments déchaînés.

Le parc des Dry Tortugas --situé à une centaine de kilomètres à l'ouest de la mythique ville de villégiature de Key West et à un peu plus de 150 km au nord de La Havane (Cuba)-- est formé d'un archipel de sept petites îles et de deux grandes zones marines protégées au nord et au sud.


La région, de grande importance stratégique de par sa localisation à l'extrême sud des États-Unis, entre le Golfe du Mexique, l'Atlantique et la mer des Caraïbes, a été ravagée par six ouragans extrêmement destructeurs, parmi lesquels Frances et Ivan en 2004, Katrina et Rita en 2005.

«Cela fut un événement exceptionnel, à l'impact impressionnant, du jamais vu dans la région», a indiqué à l'AFP James Bohnsack, directeur de zones protégées et de la biodiversité à l'agence océanographique américaine, la NOAA.

«L'ampleur des dégâts dans les coraux était comparable aux destructions dans les villes. Les ouragans ont provoqué d'énormes dégâts, mais la nature s'adapte mieux aux ouragans que les constructions humaines et nous voyons maintenant les récifs se reconstruire et beaucoup de poissons», a-t-il relevé.

Une cinquantaine de plongeurs et de scientifiques doivent terminer dans les prochains jours un «recensement visuel» des récifs, qui donnera un panorama complet sur l'état écologique de cette réserve naturelle.

«Les informations que nous obtenons vont nous guider pour prendre de nouvelles décisions quant à la protection de la biodiversité, la restauration de l'intégrité écologique et la gestion de la pêche», a noté Jerry Ault, un expert en sciences marines de l'Université de Miami.

Les données recueillies sont encourageantes, ont noté les spécialistes.

En dépit de la destruction des coraux, qui servent d'abri et d'aliment à la vie marine, la quantité de poissons n'a pas diminué mais s'est maintenue à son niveau de 2006 après le passage des ouragans.
«C'est bon signe. Maintenant, il faut qu'ils croissent en taille et commencent à se reproduire», a estimé Natalia Zurcher, biologiste spécialiste de la dynamique des populations marines.

Les scientifiques ont recensé plus de 300 espèces vivant dans la région, venues de l'Atlantique, du Golfe du Mexique et des Caraïbes, qui forment un environnement exceptionnel par sa diversité.

Les ouragans n'ont pas que des effets négatifs: ils mélangent les eaux des surface avec les eaux plus profondes et les refroidissent. «C'est très bon pour les coraux qui souffrent des hautes températures de la mer et des effets du réchauffement climatique», a affirmé Cris Langdon, un expert des coraux à l'Université de Miami.

Les îlots de la réserve sont très secs et, comme l'indiquent leur nom espagnol, seulement fréquentés par les tortues marines et les oiseaux. Edifié sur l'un d'entre eux à partir de 1846 par l'armée américaine pour protéger la zone des pirates, l'imposant Fort Jefferson ne fut jamais terminé.

Source:cyberpresse

samedi 14 juin 2008

Les LIMULES





La limule peut mesurer jusqu'à 50 centimètres et vivre jusqu'à 30 ans.

Véritable témoin de l'évolution, elle fut menacée d'extinction à la suite de son utilisation par l'homme comme engrais, sous prétexte qu'elle était responsable d’une consommation excessive de mollusques. Elle fut en voie d'extinction jusqu'à ce que l'on découvre, dans les années 1960, les propriétés uniques de son sang désormais très étudié . La limule est depuis pêchée, puis relâchée après prélèvement sanguin et marquage (pour lui éviter un deuxième prélèvement sanguin). La limule vit au fond d'eaux peu profondes (5 à 10 mètres) et se nourrit de petits animaux marins comme des poissons ou des crustacés qu'elle broie avec la base de ses pattes antérieures, sa bouche étant dépourvue de dents. La reproduction a lieu en début d'été, la femelle venant à terre une fois l'an, à la pleine lune. Elle creuse un trou peu profond (20 centimètres environ) et y dépose quelques milliers d'œufs qui éclosent au bout d'un mois.



Nom scientifique : Limulus polyphemus

Répartition géographique :

On rencontre les limules sur la côte Est des Etats-Unis, en Amérique centrale (côte est )

Critère de distinction :

Le limule est un invertébré marin, plus proche des scorpions et des araignées que des crustacés.
Le limulus polyphemus est un véritable fossile vivant, que l'on retrouve dès l'ère primaire, il y a 200 millions d'années et dont l'aspect n'a guère évolué depuis cette époque !
Le limule se reconnaît aisément avec sa carapace dorsale en forme de casque, qui protège sa partie ventrale et ses 6 paires de pattes disposées autour de la bouche.

Mode de vie :

Le limule vit en général vers 30 mètres de fond. Il se nourrit surtout de vers marins qu'il déterre en fouissant dans le sable et dans la vase.
Le limule intéresse aujourd'hui beaucoup les scientifiques ; en effet, le sang bleu du limule est, entre autre, utilisé pour la mise au point de dépistage contre la méningite.

Reproduction :

La reproduction des limules se fait au printemps ou en début d'été.
Les femelles limules creusent un trou profond, sur la plage, à la limite de la marée haute. Elles déposent quelques milliers d'œufs.
Les mâles limules fécondent ensuite ces œufs.
Au bout d'un mois, de petits limules voient le jour.


Morphologie d'une limule: arthopode marin vivant près des côtes.
Organe frontal: organe du limule étant situé au niveau de son front.
Chélicère: crochets pairs venimeux situés à la tête du limule.
Patte ambulatoire: membre n'ayant pas de place fixe.
Opercule génital: pièce recouvrant l'accès aux organes génitaux.
Sillon auriculaire transverse: trace peu profonde relative à l'oreille.
Patte branchifère: patte ayant la forme d'une feuille.
Cavité articulaire de l'aiguillon caudal: fosse relative à la flexibilité et au mouvement de l'aiguillon caudal.
Aiguillon caudal: dard du limule terminant sa queue.
Abdomen: partie postérieure du corps du limule.
Épine mobile: aiguillon du limule ayant la capacité de bouger.
Céphalothorax: tête et thorax du limule, soudés ensemble, formant une partie.
Oeil: organe visuel du limule.
Ocelle: oeil simple.

Source:wikipedia+infovisual.+ocearium-croisic

vendredi 6 juin 2008

De moins en moins de moineaux dans les villes


On parle souvent des espèces animales exotiques en voie d’extinction et on en oublie celles que l’on côtoie au quotidien. Le moineau, grand adepte des milieux urbains, connaît pourtant un déclin important dans l’ensemble de l’Europe. On estime ainsi qu’en Grande-Bretagne les effectifs ont diminué de 62% entre 1970 et 1999. La Finlande a enregistré une baisse équivalente, estimée à 60% en 25 ans. A une échelle plus restreinte, le nombre d’individus ayant élu domicile à Hambourg a chuté de 50% en 30 ans, un chiffre à relativiser face à la dégringolade qui sévit à Prague où 60% des moineaux ont disparu en seulement 20 ans.

Les hypothèses avancées pour expliquer cette régression sont nombreuses. D’une part, les bâtiments modernes de par leur conception et un entretien régulier offrent moins de sites de nidification. Par ailleurs, l’éloignement des banlieues conduit le moineau à déserter le centre-ville pour des milieux plus hospitaliers, à la frontière entre campagne et ville. Mais des facteurs plus graves sont en jeu tels que la densité du trafic routier et la raréfaction de la nourriture, le nombre d’insectes faiblissant d’année en année, tout du moins en milieu urbain. Enfin, le moineau se voit contraint de cohabiter avec le pigeon, lequel, non fort d’intensifier la concurrence alimentaire, est également vecteur de maladies létales.


Bien que le moineau parisien fasse figure de privilégié du fait de la faiblesse de son déclin, la LPO et le CORIF ont lancé une action conjointe en 2003 visant à dresser un état des lieux des populations de l’oiseau évoluant au sein de la capitale française. A raison de deux vagues d’observations annuelles de dix jours, des bénévoles ont réalisé des relevés sur les mêmes sites et au cours des mêmes périodes saisonnières. Consignées dans des fiches récapitulatives, les données recueillies ont ensuite été confiées au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN) pour analyse.

Les premières conclusions attestent d’une représentativité inégale, tributaire des spécificités environnementales relatives à chacun des quartiers de la capitale. Ainsi, la densité de la végétation, l’époque de construction des bâtiments et les flux de circulation à la fois automobile et piétonne ont eu une incidence directe sur la taille des effectifs parisiens.

Les résultats des travaux menés par le MNHN seront communiqués dans leur intégralité lors du Festival de l’île Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux, organisé le 24 mai prochain en hommage à la Fête de la Nature. Ils permettront de définir des mesures de protection efficaces pour ménager le volatile citadin. Pour l’heure, le CORIF et la LPO ont d’ores et déjà prévu de reconduire l’enquête sur les cinq prochaines années à venir.

Source:univers-nature

La mort du corail

Selon de récentes simulations, les récifs coralliens rendraient l’âme au-delà de 450 ppm (parties par million) de CO2 dans l’atmosphère. L’acidification des océans les empêcherait alors de fixer le carbonate de calcium constitutif de leur squelette. Or les scénarios les plus optimistes prévoient une stabilisation des émissions au cours des prochaines décennies autour de 550 ppm… A ce taux, la plupart des coraux meurent et les écosystèmes associés périclitent.

Source La Recherche