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lundi 28 juillet 2008

Sauver les orchidées sauvages

Bornéo, qui est la troisième plus grande île du monde, possède dans ses forêts tropicales humides une quantité extraordinaire de variétés d’orchidées : On estime le nombre d’espèces présentes entre 2500 et 3000. Parmi celle-ci, certaines variétés endémiques sont rarissimes et admirées pour leur arôme exotique et leur beauté.

Pourtant ces fleurs sont en grand danger : la déforestation à grande vitesse de l’île causée par l’exploitation forestière et l’implantation de mines d’or a déjà conduit à la disparition certaine de centaines d’espèces et d’après un rapport réalisé en 2002 par l’Observatoire mondial des Forêts - Global Forest Watch, l’Indonésie subit actuellement des pertes de terrain forestier parmis les plus importantes de la planète. L’étude estime même que les forêt de Bornéo pourraient complètement disparaître d’ici 2010.

D’autres facteurs menacent également ces fleurs, comme les cueillettes illégales réalisées par des "chasseurs d’orchidées" locaux ou étrangers qui alimentent un marché mondial croissant.

Pour tenter de sauver ce patrimoine, Chairani Siregar, chercheur au Département d’agriculture de l'Université Tanjungpura, en Indonésie, a entrepris une étude de 3 ans pour localiser et répertorier toutes les espèces d’orchidées natives de Bornéo qui sont menacée de disparition dans la région ouest de l’île.

Chairani Siregar espère également réussir à cultiver toutes les espèces d'orchidées vulnérables avant leur extinction.

Le projet complet est décrit sur le site de l’American Society for Horticultural Science.

Source : EurekAlert!/sur-la-toile

samedi 26 juillet 2008

L’envenimation scorpionique, une nuisance qui a traversé les âges


L’envenimation scorpionique, un véritable problème de santé publique qu’on n’arrive pas à endiguer. Ce sont 50 000 cas de piqûre de scorpion enregistrés chaque année, et une moyenne de 80 décès.
Les campagnes nationales de lutte contre l’envenimation scorpionique ne semblent pas avoir eu l’effet escompté, ce fléau s’étant propagé après avoir concerné dans un premier temps les régions du Sud, puis celles des Hauts Plateaux. L’absence d’hygiène est l’un des facteurs les plus importants qui aident à la prolifération de cet animal, considéré comme le plus vieux au monde avec ses 500 millions d’années. Le scorpion a apparemment traversé les âges et survécu aux dinosaures pour perpétuer sa nuisance. L’insalubrité étant la chose la plus durable et la plus partagée sur terre, la bestiole a encore de beaux jours devant elle. Contrairement à ce que l’on croyait, ce n’est pas uniquement le sable qui en constitue la cachette, mais aussi les déchets ménagers, les gravats, ainsi que les fissures sur les murs non crépis. Le manque de propreté est tel que le scorpion s’invite maintenant dans les domiciles, alors que jusque-là les cas de piqûre concernaient l’extérieur des habitations. D’ailleurs, 80% des cas surviennent dans les demeures. L’année écoulée, 5 personnes sont mortes suite à des piqûres au pied, le scorpion s’étant niché dans leurs chaussures, et 2 bébés ont connu le même sort parce que posés sur le sol de la maison familiale. Les milieux humides attirent, eux aussi, les scorpions, tout comme l’obscurité qui leur permet de se cacher. Selon des médecins, une coupure d’électricité dans l’une des wilayas concernées a été à l’origine d’un nombre important de piqûres, et d’une grande affluence vers les hôpitaux de la région. La prévention reste le meilleur moyen d’y échapper, en axant sur l’hygiène à l’intérieur comme à l’extérieur des habitations, et en évitant de laisser les portes ouvertes ou entrouvertes.
L’élevage d’animaux domestiques (notamment les chats, les poules et les canards) est préconisé pour «nettoyer» les lieux qui entourent la maison, leur rôle comme prédateurs pour le scorpion étant reconnu. Ce sont là des conseils prodigués par les spécialistes de la santé pour réduire l’envenimation scorpionique qui provoque des drames chaque année.
Dans beaucoup de cas, l’évacuation rapide réduirait le taux de mortalité, mais il est malheureux de constater que les moyens font souvent défaut, ce qui conduit au décès des victimes.
Source:la tribune

mercredi 23 juillet 2008

Phalarope, l’oiseau qui se nourrit au goutte-à-goutte

(Crédit photo : Rainey Schuler)

Une équipe de l’ESPCI et du MIT a expliqué comment certains oiseaux de bord de mer utilisent leur bec pour remonter contre la pesanteur les gouttes d’eau dont ils tirent leur subsistance. Phalarope, un oiseau du nord ouest de l’Amérique, a la particularité de se nourrir en attrapant avec son bec une goutte, puis une autre, et ainsi de suite, à une fréquence de deux gouttes par seconde, qu’il fait remonter jusqu’à sa bouche, en tirant parti des phénomènes de mouillage. Dans chaque goutte il y a en moyenne une proie, dont il se nourrit. Manu Prakash et John Bush (MIT) associés à David Quéré du Laboratoire de physique et mécanique des milieux hétérogenes (UMR7636 CNRS-ST2I/ ESPCI) ont élucidé le mécanisme de transport de l’eau.
Les oiseaux attrapent donc des gouttes millimétriques au bout de leur bec dont la morphologie permet d’exercer une force capillaire sur le liquide : le bec est de plus en plus fermé quand on se rapproche de la bouche, ce qui a pour effet d’aspirer le liquide. Si l’on place une goutte d’huile dans un bec artificiel semblable à celui de phalarope, on constate bien ce mouvement spontané. L’eau, cependant, résiste à cette force d’aspiration : les défauts de mouillage à la surface du bec collent le liquide à la paroi solide, comme les gouttes sur les pare-brise. Phalarope tire d’ailleurs parti de cet effet : ce collage empêche la goutte de retomber (le bec est le plus souvent incliné vers le bas).

Pour contrer cet effet des défauts, les chercheurs ont montré comment phalarope utilise un mouvement mandibulaire : par des cycles successifs de fermeture et d’ouverture du bec, la goutte avance vers la bouche, chaque cycle participant au mouvement. Grâce à la fréquence élevée du mouvement, les vitesses d’avancée peuvent être considérables, de l’ordre du mètre par seconde. Mais le plus remarquable est probablement l’optimisation du processus : il existe une gamme d’angle d’ouverture et de fermeture du bec où la goutte progresse alternativement : quand le bec se ferme, seul l’avant progresse ; quand il s’ouvre, seul l’arrière avance. Ainsi, en deux cycles seulement, une goutte millimétrique remonte le bec de plusieurs centimètres, et sans que la pesanteur ne joue le moindre rôle.

Les chercheurs espèrent utiliser ce mode de propulsion pour guider des liquides dans des systèmes microfluidiques. Leurs explications montrent aussi l’extrême sensibilité de ces animaux aux pollutions : alors l’eau peut devenir mouillante pour le bec (comme l’huile l’était), et la pesanteur retrouve ses droits, empêchant le liquide d’être hissé jusqu’à la bouche.


Source:CNRS

DES POISSONS BAVARDS...

qui en disent long sur l’évolution

Loin de ne faire que buller dans le monde du silence, certains poissons braillent, grondent et chantent à tue-tête. En étudiant l'architecture cérébrale d'animaux moins silencieux qu'il n'y paraît, une équipe américaine a montré que la capacité de vocaliser de façon innée serait héritée d'un ancêtre commun à certains poissons, oiseaux et mammifères.

Grognements universels


Il aboie quand on entre sur son territoire, grogne quand on cherche à l'intimider et émet des sons suaves quand il essaie de draguer. De qui s'agit-il ? D'un chien ? D'un jeune homme en pleine crise d'adolescence ? Ou d'un poisson crapaud ? Difficile à dire.

Car en matière de communication, l'homme partage avec ses congénères vertébrés bien plus de points communs qu'il ne le croit. En marge de la langue parlée, il émet en effet toute une gamme de vocalisations innées qui vont du grognement matinal aux cris hystériques de la naissance.

Or, ces gloussements, ronronnements, pleurs et vocalisations étranges existent chez tous les vertébrés (exceptions faites des requins et des agnathes comme la lamproie). Et pour cause : ils dériveraient tous d'un système neuronal primitif, qui serait apparu très tôt dans l'histoire de l'évolution, chez l'ancêtre commun de certains poissons, oiseaux et mammifères. C'est du moins ce que suggère une étude menée par une équipe du département de neurobiologie de l'université Cornell* aux Etats-Unis.

* A. Bass et al., Science, 18 juillet 2008

Entretien avec un poisson crapaud

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont étudié trois espèces de poissons crapauds (Opsanus beta, O. tau et Porichthys notatus). Des animaux particulièrement bavards puisque les mâles ont tendance à vocaliser à tout va, aussi bien pour protéger leur territoire que pour intimider un assaillant ou courtiser une partenaire.

Et pour émettre ces sons, ils utilisent, non pas un larynx ou des cordes vocales, mais un organe qui d'ordinaire leur sert à ajuster la flottabilité : la vessie natatoire, une petite poche emplie de gaz qui peut se déformer ou se mettre à vibrer.

En étudiant le développement du cerveau chez des larves de poissons crapauds, les chercheurs ont isolé une région cérébrale qui se développe dès que les muscles vocaux atteignent la vessie natatoire. Cette région, située à l'arrière du cerveau, serait donc impliquée dans la commande du langage inné.

Evolution du cerveau chez une l
arve de poisson crapaud

D’une espèce à l’autre

Or, la position de cette zone est très proche de celle qui se développe chez les oiseaux pour innerver le syrinx ou chez les grenouilles pour le larynx. De cette observation, les chercheurs ont tiré une conclusion : la capacité à vocaliser de façon innée est apparue chez l'ancêtre commun des actinoptérygiens (les poissons crapauds), des sarcoptérygiens, des amphibiens, des reptiles, des oiseaux et des mammifères.

À l'inverse de la capacité à apprendre un langage qui aurait émergé plusieurs fois dans l'histoire de l'évolution, en particulier chez les oiseaux, les cétacés ou les primates, la capacité innée de vocaliser ne serait apparue qu'une seule fois et transmise à tous les descendants. Pour l'heure, les conditions ayant mené à l'émergence de cette vocalisation innée restent néanmoins énigmatiques.

Source:cite-sciences.fr

mardi 22 juillet 2008

LES PREUVES DE L’ÉVOLUTION

Depuis Jean-Baptiste de Lamarck (1809), de plus en plus de scientifiques sont convaincus que l’évolution du monde vivant est un fait, c’est-à-dire que la vie a une histoire. Il n’y a aujourd’hui aucun biologiste raisonnable qui croit que la vie n’a pas d’histoire, c’est-à-dire que les espèces auraient été créées instantanément par une intervention surnaturelle. Essence du fait de l’évolution est que la vie a émergé imperceptiblement à partir de la matière non vivante et que, par la suite, les espèces se sont transformées et ont émergé les unes à partir des autres par un processus naturel. Même le pape a récemment reconnu ce fait (Jean-Paul II, 1997). Je veux souligner le fait de l’évolution, parce que le fait est souvent confondu avec la théorie. Malheureusement, le mot évolution veut dire au moins quatre choses différentes, trois qu’on considère comme valides et une qui ne l’est probablement pas. Évolution désigne un fait, mais aussi une théorie, puis un parcours, un cheminement particulier. Mais évolution signifie aussi amélioration. Ce dernier sens est sans doute utile dans le langage courant, mais à bannir du discours scientifique de la biologie de l’évolution. Nous en reparlerons plus loin.

Un mot d’abord sur notre relation avec la réalité. La condition humaine est telle que l’on ne peut être sûr de rien hors de tout doute. Il semble qu’on ne puisse échapper à ce doute métaphysique qui découle des limites inhérentes de notre cerveau et de notre raison. Mais si, à cause de ce doute, l’on refuse de considérer que l’évolution est un fait, il faudra également refuser de " croire " le fait que la terre est ronde, qu’elle tourne autour du soleil, que les continents dérivent, que l’eau est faite de deux gaz, que Napoléon a existé, etc. Nous sommes certains de la véracité de ces affirmations hors de tout doute raisonnable, et c’est amplement suffisant pour les considérer comme des faits. L’évolution de la vie est du même ordre.

Voici brièvement ce que les biologistes considèrent comme des preuves que l’évolution est un fait, hors de tout doute raisonnable. Les sept preuves que je vais présenter sont d’autant plus convaincantes qu’elles sont indépendantes les unes des autres ; elles ne sont pas sept façons de dire la même chose et, bien qu’elles soient indépendantes, elles pointent toutes dans la même direction, toutes affirment que l’évolution est un fait. En dehors du doute métaphysique, on ne peut pas espérer mieux que de posséder plusieurs preuves, indépendantes, arrivant à la même conclusion.

Pour résumer ce qui précède, voici ce que je réponds à qui affirme que l’évolution est seulement une théorie et qu’elle n’est même pas prouvée. D’abord, l’évolution n’est pas seulement une théorie, c’est aussi un fait. Ensuite, elle n’est pas prouvée hors de tout doute, mais aucune théorie ne peut l’être, même en physique. Par contre, elle est prouvée hors de tout doute raisonnable, et en ce sens elle est parmi les meilleures théories scientifiques, perfectible, mais très solide.

Une autre façon de considérer les faits présentés est de constater qu’ils sont inexplicables si on ne fait pas appel à l’évolution (Dobzhansky, 1973). En effet, l’évolution explique de nombreuses observations facilement, simplement et de manière très convaincante. De plus, la même idée d’évolution explique tous ces faits, bien qu’ils soient très disparates, concernant les molécules, l’anatomie ou la distribution géographique des espèces. C’est ce qui fait que l’évolution s’impose comme un fait indéniable. Je vais présenter comme des preuves des faits que nous pouvons voir avec nos yeux. Quand nous les interprétons, avec notre cerveau, ces faits nous parlent : ils nous disent que l’évolution est un fait.

LES PREUVES FOSSILES

Les fossiles sont très précieux parce qu’ils sont les seuls objets témoignant de l’existence de la vie passée. Cependant, ce n’est pas seulement l’existence des fossiles dans les roches qui constitue une preuve de l’évolution. En effet, on pourrait toujours dire que ces espèces fossiles ont été créées comme celles qui vivent actuellement, mais qu’elles sont simplement disparues aujourd’hui. Certains prétendent même que ces fossiles ont été créés directement dans les roches et n’ont jamais été vivants. Les fossiles démontrent l’évolution parce qu’en suivant une espèce animale quelconque, comme le cheval ou un escargot, on y voit à travers les couches géologiques successives, des plus profondes aux plus récentes, que la forme animale a changé un peu. On voit bien qu’il s’agit toujours d’un cheval, c’est la même forme générale, mais un peu modifiée ; par exemple, la troisième molaire supérieure est un peu plus grosse ou, dans le cas d’un mollusque, l’enroulement de la coquille est un peu plus serré. Donc, à mesure que le temps passe, le cheval est toujours un cheval, mais sa forme et sa taille ont changé, il a évolué. Et cela est vrai pour chacune des centaines de séquences de fossiles que l’on peut suivre sur une longue période.

Dans ces suites de fossiles, les formes intermédiaires, les " chaînons manquants " sont très importants. En effet, s’il est vrai que la vie a une histoire et que les fossiles en sont la trace, on peut alors faire des prédictions sur les caractères de ces formes intermédiaires qu’on ne connaît pas encore. Or en science, rien n’est plus convaincant que voir une prédiction confirmée. Une science qui énonce et confirme des prédictions est très robuste. En paléontologie, chaque fois qu’une telle prédiction est confirmée par l’observation, c’est-à-dire par la découverte d’un nouveau fossile jusque-là " manquant ", elle constitue une preuve de plus que l’évolution est un fait.

Voici un exemple récent concernant l’évolution des baleines. Depuis très longtemps, les biologistes affirment que les baleines actuelles sont issues de mammifères terrestres. Or, ces derniers ont quatre pattes, alors que les baleines n’ont pas de pattes arrière. Entre les deux on n’avait jamais observé de formes intermédiaires, il y avait là un trou, un " chaînon manquant ". S’il est vrai que les baleines sont le produit d’une évolution à partir de mammifères terrestres, on prédisait depuis longtemps qu’un jour, avec un peu de chance, on allait trouver des fossiles de baleines avec quatre pattes dans les couches géologiques d’environ 45 millions d’années. C’était une prédiction risquée, parce que la ressemblance entre une baleine et un ours, par exemple, sur le plan de la locomotion, est pour le moins très faible. Comme c’est une prédiction risquée, si elle est confirmée, elle constituera une preuve d’autant plus forte.

Or, au cours des dix dernières années, on a trouvé, en Égypte et au Pakistan, plusieurs espèces de baleines (Basilosaurus, Dorudon) pourvues de petites pattes arrière. Si Basilosaurus et Dorudon avaient été créées au lieu d’être le fruit de l’évolution, elles n’auraient eu aucune raison d’avoir de petites pattes ridicules et inutiles pour la marche et même pour la nage.

Cette notion de " chaînon manquant " n’a de sens que s’il est question d’une chaîne, ou d’une suite de fossiles, d’une suite d’événements constituant une histoire. La prédiction de l’existence d’une espèce Y entre les espèces X et Z ne peut être énoncée que si la vie est une chaîne continue. Sinon, il n’y aurait aucune raison qu’ait existé, entre X et Z, une espèce dont les caractères seraient intermédiaires entre ceux de X et ceux de Z, comme une baleine avec des petites pattes ou un lézard avec des plumes à mi-chemin entre les reptiles et les oiseaux. On peut faire deux autres prédictions concernant les séries temporelles de fossiles. Dans une même série, deux fossiles se ressembleront d’autant plus qu’ils sont proches l’un de l’autre dans le temps, et une espèce actuelle ressemblera davantage à un fossile récent qu’à un fossile ancien dans la même série. Ces prédictions, confirmées à des milliers d’exemplaires dans les séries de fossiles connues, peuvent sembler banales et évidentes, mais si l’évolution n’était pas un fait, les fossiles n’auraient aucune raison de se conformer à ces prédictions, ils pourraient se retrouver dans n’importe quel ordre.

Donc, si on regarde une suite de fossiles avec une attitude raisonnable et rationnelle (c’est-à-dire avec sa raison), on doit conclure qu’elle représente l’évolution d’une forme animale. Comme on connaît des centaines de ces suites de fossiles, y compris dans notre propre lignée, il n’est pas extraordinaire de conclure qu’elles constituent une preuve convaincante que les espèces ont évolué ; c’est au contraire une conclusion très raisonnable.

LES PREUVES DE L’EMBRYOLOGIE

Repartons à zéro, faisons comme si nous ne connaissions rien des fossiles ou que nous n’étions pas du tout convaincus par l’histoire des fossiles, pour bien souligner que la preuve tirée de l’embryologie est bien indépendante de celle des fossiles. Même si chaque espèce avait été créée indépendamment et à partir de rien, il n’en demeure pas moins que chaque individu adulte n’apparaît pas comme par magie instantanément et complètement formé. La vie de chaque individu commence par une seule cellule, un ovule fécondé par un spermatozoïde, un zygote. Cette cellule se divise en deux, puis chacune de ces deux cellules se divise en deux, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’un adulte complet soit formé avec tous ses organes constitués de milliards de cellules de toutes sortes. Nous pouvons tous observer cela avec nos propres yeux. Ça ne s’est pas passé il y a des millions d’années comme pour les fossiles, ça se déroule sous nos yeux tous les jours.

Ce développement individuel (l’ontogenèse, par opposition à l’évolution ou phylogenèse) est d’ailleurs un des grands " mystères " de la vie : comment cette cellule unique avec son information encodée par la molécule d’ADN dans ses chromosomes devient-elle, sans aide extérieure, un individu entier fait de milliards de cellules de dizaines de formes et de fonctions différentes, organisées en un ensemble équilibré et intégré qui fonctionne si bien ? Ce mystère livre petit à petit ses secrets à mesure qu’avance la biologie du développement.

À mesure que l’embryon se développe, il change de forme, il ne peut pas faire autrement ; pour passer d’une seule cellule à un cheval adulte, par exemple, il faut que cette chose change de forme. Si chaque espèce avait été créée indépendamment et à partir de rien, on devrait s’attendre à ce que ce changement de forme d’un zygote à un cheval adulte suive un parcours tout à fait différent de celui d’un zygote d’une autre espèce, comme celui d’une morue adulte, dont la forme est très différente de celle du cheval ; il ne devrait y avoir aucune ressemblance entre les deux (figure 1). Autrement dit, à partir du début et à chacun des moments du développement de l’embryon de cheval, on devrait observer quelque chose comme un petit cheval qui se développe, et, dans le cas de la morue, on devrait voir une petite morue qui se développe. À part le fait que les deux embryons commencent leur existence individuelle par une seule cellule, leur développement ne devrait avoir presque rien en commun puisque les deux formes adultes sont très différentes.

Au stade zygote, les deux espèces se ressemblent beaucoup dans leur forme dans les deux cas, l’individu n’est qu’une cellule. En A, le modèle représente l’" hypothèse " de la création : même très tôt dans leur développement (au stade 1), les deux embryons sont presque aussi différents l’un de l’autre que le seront les adultes qu’ils sont destinés à devenir. En B, le modèle représente l’évolution : même si les adultes sont très différents, les embryons qu’ils étaient se ressemblent énormément (aux stades 1 et 2). Ces ressemblances ne sont pas explicables en termes fonctionnels puisque les deux embryons se développent dans des conditions très différentes et deviennent des adultes très différents.

Or, le développement des deux embryons a beaucoup de points en commun (figure 2). Le plus frappant est probablement le fait que, à un certain stade de son développement, l’embryon de cheval présente des ébauches de fentes branchiales, comme chez la morue. Plus tard, ces structures disparaissent ou se transforment pour donner autre chose.

Aux fins d’illustration seulement, faisons comme s’il y avait deux explications possibles : la création et l’évolution (en fait, comme nous le verrons plus loin, ce ne sont pas deux hypothèses du même ordre, elles appartiennent aux discours de deux univers qui ne peuvent ni se compléter ni se faire compétition). Dans la première hypothèse, le Créateur a été capable de créer des formes adultes très différentes : morues, poules, tortues, chevaux et humains, mais en ce qui concerne leur développement, il a toujours utilisé le même chemin. Cette uniformité n’était certainement pas nécessaire : s’il était capable de créer des formes adultes aussi différentes que des morues et des chevaux, le Créateur aurait très bien pu créer des parcours de développement tout aussi différents. De plus, ce chemin n’est sûrement pas le plus efficace ; en effet, pourquoi faire passer le développement d’un cheval ou d’un humain par le stade des fentes branchiales, puisque celles-ci ne leur servent jamais à rien, ni aux embryons, ni aux adultes. C’est un détour inutile, nuisible, ni efficace ni élégant, et compliqué sans raison.

FIGURE 2

>> note importante <<>

Transformation des embryons de vertébrés appartenant à cinq classes


On doit cette image classique de la littérature sur l’évolution à Heackel, un biologiste du 19e siècle. Elle représente, très schématiquement, la morphologie des embryons de cinq espèces de vertébrés appartenant à cinq classes différentes, des poissons osseux aux mammifères. Les stades successifs de leur développement embryonnaire pourraient correspondre aux stades 1, 2 et 3 de la figure 1-B. Tôt dans leur développement, les embryons acquièrent les caractères qu’ils ont en commun, ceux qu’ils ont hérités de leur ancêtre commun. À mesure que leur développement progresse, chacun acquiert les caractères qui sont propres à sa classe, puis à son espèce ; si bien qu’à la naissance (peu après le stade 3), ils ne se ressemblent plus du tout. (figure modifiée à partir de Strickberger, 1996).

Dans la seconde hypothèse, si on interprète les faits d’une manière raisonnable, on déduit que si les embryons de la morue, du cheval et de l’humain passent par un stade avec des ébauches de branchies, cela veut dire qu’ils ont évolué à partir d’un ancêtre commun, une sorte de poisson disparue. Les ébauches de branchies chez les embryons des chevaux, des humains et des oies sont une trace de leur histoire commune avec celle des morues, elles sont une preuve qu’ils ont tous évolué à partir d’un ancêtre commun qui avait des branchies. Le cheval et la morue sont deux branches distinctes aujourd’hui, mais si on remonte assez loin dans le passé, on va trouver qu’ils ont un ancêtre commun, ils sortent du même tronc, et les caractères qu’ils ont en commun au début de leur développement embryonnaire sont hérités de cet ancêtre commun : ils sont une preuve que ces deux espèces ont un ancêtre commun, qu’elles ont une histoire et que leurs histoires respectives ne sont pas parallèles ni indépendantes, mais divergentes à partir d’un point commun.

LA CURIEUSE EXISTENCE DES ORGANES VESTIGIAUX

Chez les adultes, cette fois-ci, il existe des organes qui ne servent à rien, des modèles réduits et parfois déformés ou rabougris d’organes situés au même endroit chez d’autres formes, chez lesquelles ils servent une fonction. Par exemple, l’appendice et le coccyx chez l’humain, le bassin minuscule des baleines ou de certains serpents (figure 3). Notre coccyx est un vestige de la queue de nos ancêtres primates très lointains, notre appendice est un vestige du cæcum des mammifères herbivores chez qui il est un site de fermentation des plantes leur permettant de digérer la cellulose.

Encore ici, cette preuve est indépendante des deux autres, elle n’a aucun rapport avec les fossiles ni avec l’embryologie. L’existence de ce bassin et de ce fémur minuscules et rabougris chez les baleines ou chez les serpents indique que ces animaux ont évolué à partir d’ancêtres qui avaient des pattes. Si le cheval actuel avait été créé tout d’un coup et à partir de rien, pourquoi le Créateur lui aurait-il laissé de petits doigts latéraux réduits à des baguettes minces, immobiles et sans contact avec le sol ? Pourquoi avoir créé ces petits os inutiles, et justement à cet endroit ? Ils ne sont ni efficaces ni élégants. La seule explication raisonnable est que le cheval actuel, pourvu d’un seul doigt fonctionnel, a évolué à partir d’ancêtres à trois et à quatre doigts et que ces doigts latéraux n’existent maintenant qu’à l’état de vestige. Ces traces nous offrent un témoignage de cette histoire ; elles constituent une preuve qu’il y a vraiment eu une histoire.

FIGURE 3

Caractères vestigiaux chez le cheval et chez les baleines


Cette baleine actuelle, dont les ancêtres ont perdu depuis longtemps leurs membres postérieurs, en garde encore quelques vestiges qui représentent ce qu’étaient le bassin (pelvis) et le fémur (os de la cuisse) des ancêtres encore plus lointains qui étaient terrestres et quadrupèdes. Chez le cheval actuel, chaque membre est pourvu d’un seul sabot qui termine son unique doigt, le majeur ou doigt numéro 3. On observe, par contre, à chaque main et à chaque pied de petites baguettes osseuses qui sont des vestiges des doigts qui étaient complets et fonctionnels chez les ancêtres, (figure modifiée à partir de Luria, Gould et Singer, 1981).

LES PREUVES FOURNIES PAR L’ANATOMIE COMPARÉE

Les comparaisons fines que l’on peut faire entre les espèces de vertébrés révèlent des ressemblances remarquables. Un exemple éloquent est le squelette des membres de divers vertébrés, par exemple l’aile d’une chauve-souris, le bras d’un humain, la nageoire d’une baleine et la patte d’une grenouille (figure 4). Ces ressemblances remarquables au niveau du squelette, bien que la forme et la fonction des membres varient énormément, constituent une preuve que toutes ces espèces ont évolué à partir d’un ancêtre commun qui leur a donné en héritage la même structure squelettique de leurs membres.

Faisons encore comme si la création était une hypothèse alternative à l’évolution. Si le Créateur avait voulu construire la meilleure nageoire pour nager, la meilleure patte pour creuser ou courir, la meilleure aile pour voler et le meilleur bras pour lancer une balle ou écrire, pourquoi se serait-il astreint à n’utiliser que les mêmes os, dans le même ordre, se forçant ainsi à les déformer et à les tordre de façon aussi extrême ? C’est comme si Francis Cabrel s’était astreint à composer toutes ses chansons avec les mêmes sept ou huit mots toujours dans le même ordre, n’en modifiant que l’accent.

FIGURE 4

Homologie du squelette du bras de sept vertébrés



Peu importe la taille du membre, sa forme ou sa fonction, son squelette est presque exactement le même. Dans tous les cas, que ce soit la patte d’une grenouille ou le bras d’un humain, le squelette est constitué des mêmes os, placés dans le même ordre. ÇA : carpes, l’ensemble des petits os du poignet, CU : cubitus, HU : humérus, RA : radius, 1 : pouce ou doigt numéro 1. (Ces membres ne sont pas dessinés à la même échelle ; ainsi, celui d’une baleine peut être jusqu’à 200 fois plus long que celui d’une chauve-souris.) (figure modifiée à partir de Strickberger, 1996)

La nageoire des baleines est particulièrement exemplaire. Le squelette de mon bras est fait de trente os, qui constituent dix-sept articulations, toutes très mobiles, de l’épaule jusqu’au bout des doigts. La nageoire d’une baleine est, elle aussi, faite des mêmes trente os (plus quelques autres dans les doigts dans certains cas). Ils forment aussi les mêmes dix-sept articulations, mais une seule est mobile, celle de l’épaule, entre l’humérus et l’omoplate. Les seize autres sont tout à fait figées, ankylosées en permanence. L’évolution explique très bien cette structure de la nageoire. La baleine a besoin d’une sorte de rame, mobile mais rigide. Mais comme elle descend d’un ancêtre pourvu d’un bras comme le nôtre, le sien est fait des mêmes os et des mêmes articulations placés dans le même ordre. Pour en faire une rame, la sélection a dû figer seize des dix-sept articulations, alors que la nageoire des baleines aurait été bien mieux conçue et bien plus simple si elle avait été faite d’un seul os, par exemple.

Dans le contexte du créationnisme, le squelette de la nageoire d’une baleine n’a pas de sens. Il est inexplicable en termes logiques ou fonctionnels, mais tout à fait explicable en termes évolutifs ou historiques. En effet, l’interprétation la plus raisonnable de cette structure commune à tous les vertébrés est que toutes ces espèces ont évolué à partir d’un ancêtre commun ; elles ne sont que le produit de transformations à partir d’un même modèle ayant existé dans le passé. Cette structure commune, cette homologie, est une trace de l’histoire, une preuve de l’évolution, une preuve de la transformation et de la parenté de ces espèces.

LES IMPERFECTIONS DE LA NATURE

Les organes vestigiaux, tout comme le squelette de la nageoire des baleines, sont des imperfections de la nature. Leur existence n’est explicable qu’en termes de fardeau historique dont les espèces actuelles ont hérité. Ces imperfections constituent donc des preuves de l’évolution. Il faudrait un argument tordu pour justifier leur existence dans l’œuvre d’un Créateur. Si l’on croit en la création, pour prouver l’existence d’un Créateur, on cite les adaptations les plus spectaculaires de la nature, perçues comme des exemples de perfection dont la conception et la performance sont dignes de l’intelligence du Créateur.

Pour qui " croit " en l’évolution, les imperfections de la nature sont beaucoup plus parlantes. Prenons l’exemple préféré des créationnistes :

l’œil d’un vertébré. Il s’agit sans contredit d’un organe absolument remarquable, qui rivalise de complexité et de performance avec la plus haute technologie actuelle. Mais cet œil est affligé d’une imperfection criante.

En effet, les cellules sensibles de la rétine, soit les cônes et les bâtonnets, sont montées à l’envers. Ces cellules allongées ont une extrémité sensible à la lumière, alors que l’autre se prolonge en un filament nerveux qui transmet l’excitation lumineuse jusqu’au cerveau par le nerf optique. Or, l’extrémité sensible ne pointe pas vers l’extérieur de l’œil, comme elle le ferait dans une construction intelligente, mais vers le fond de l’œil. Cet arrangement crée trois inconvénients majeurs. D’abord, les filaments nerveux, et les vaisseaux sanguins qui y sont associés, constituent un voile qui couvre la rétine au fond de l’œil et qui atténue la lumière qui doit le traverser et qui doit traverser toute la longueur des cônes et des bâtonnets avant de toucher leur extrémité sensible. Le problème d’atténuation lumineuse est partiellement corrigé par l’existence, derrière la rétine, d’une surface réfléchissante, le tapetum lucidum, qui retourne vers les cônes et les bâtonnets une partie de la lumière qui les a traversés. On voit l’effet de ce miroir dans les yeux d’animaux nocturnes éclairés par une lumière dans la nuit.

Deuxièmement, tous les filaments nerveux courent sur la rétine dans l’œil et convergent vers un même point avant de plonger à travers la rétine pour constituer le nerf optique, qui va au cerveau. Cette disposition crée, au point de convergence, une tache aveugle, qui ne sert à rien, qui n’est qu’une conséquence néfaste du montage inversé des cônes et des bâtonnets. Enfin, comme les filaments sont tournés vers l’intérieur de l’œil, l’arrière de la rétine n’est pas retenu contre le fond du globe oculaire. Cette structure explique le décollement de la rétine qui afflige de nombreuses personnes.

L’œil des vertébrés aurait pu être autrement. En effet, dans l’œil de la pieuvre, qui globalement ressemble beaucoup au nôtre, les cellules sensibles sont montées à l’endroit. Si les nôtres sont à l’envers, c’est que nous venons d’ancêtres différents de ceux de la pieuvre et que, pour des raisons inconnues, les cellules sensibles à la lumière de nos ancêtres étaient tournées vers l’intérieur de ce que devaient être leurs yeux simples et primitifs. Ils nous ont transmis ce caractère, qui se révèle être un défaut, avec lequel nous devons composer, dans notre œil complexe et sophistiqué. Une telle imperfection flagrante dans un organe aussi spectaculaire ne peut découler que d’une évolution, contrainte par l’héritage du passé. Il n’y a rien comme une imperfection pour révéler la vérité.

LES PREUVES MOLÉCULAIRES ET GÉNÉTIQUES

C’est peut-être à l’échelle moléculaire que se manifeste le plus clairement, de nos jours, la preuve que l’évolution est un fait. Le monde vivant est caractérisé à la fois par sa diversité apparente et par son unité sous-jacente. Cette dualité est peut-être le caractère évolutif le plus fondamental de la vie, et on la retrouve à tous les niveaux. À l’intérieur d’une même espèce, chez l’humain, par exemple, il y a une infinie diversité : il n’y a pas deux individus identiques (même les jumeaux identiques génétiquement présentent de petites différences anatomiques). Mais au-delà de cette grande diversité existe aussi une grande unité : nous avons tous la même forme générale, le même squelette dans les moindres détails, les mêmes dents, des veines, des artères et des nerfs qui se ramifient presque exactement de la même manière d’une personne à l’autre, etc. Nous avons beaucoup plus de points communs, de ressemblances, que de différences.

À une autre échelle, une même famille taxonomique présente de nombreuses formes différentes. Ainsi, les cervidés comprennent le petit pudu de 5 kg, d’Amérique du Sud, dont les bois sont de la taille d’un petit crayon, des espèces sans bois, et l’orignal de 500 kg avec un panache de 25 kg. Et pourtant, malgré cette grande diversité, on observe une grande unité parmi toutes ces espèces, elles ont toutes de nombreux caractères en commun, et ces caractères n’étant possédés par aucune autre espèce, on regroupe ces espèces dans la même famille. Elles ont en commun l’ossature des pattes, la forme et le nombre des dents, la forme du placenta et du système digestif, la durée de la gestation (autour de 200 jours), malgré une variation de 5 à 500 kg de la masse corporelle.

De même, à l’échelle de tout le monde vivant, il y a des bactéries et des baleines, des amibes et des éléphants, des érables et des morues, des huîtres et des humains. Malgré cette immense diversité, tous ces organismes présentent une remarquable unité de structure et de fonction au niveau génétique et moléculaire. Ils portent tous les mêmes acides nucléiques et les mêmes protéines composées des mêmes éléments de base (acides aminés), leurs gènes sont tous des formes de la même molécule d’ADN, le code génétique est le même, les mêmes enzymes interviennent dans des réactions semblables pour tous.

Encore une fois, ou bien le Créateur a été capable d’inventer des millions d’espèces différentes, mais n’a pu créer qu’un seul code génétique et une seule série d’acides aminés qu’il a donnés à tout le monde, ou bien le fait que nous ayons le même code génétique que les érables, les huîtres et les éléphants veut dire que nous sommes parents, que nous sommes tous le produit d’une transformation d’un même ancêtre commun, que nous sommes le produit d’une évolution.

LES PREUVES EXPÉRIMENTALES EN LABORATOIRE OU SUR LE TERRAIN

Depuis environ cent ans, on a montré, en laboratoire, qu’on pouvait changer plusieurs caractères mesurables des bactéries et des mouches drosophiles, par exemple. De même, en quelques milliers d’années d’élevage sélectif, l’humain a changé plusieurs caractéristiques des espèces qu’il a domestiquées. Ces faits démontrent que les espèces peuvent être modifiées, qu’elles peuvent évoluer. C’est une preuve directe, expérimentale que les espèces peuvent être transformées, qu’elles ne sont pas immuables. L’existence même du grand nombre de races de vaches ou de chiens appartenant à la même espèce et produites par sélection artificielle en relativement peu de temps par l’humain contredit l’affirmation voulant que les espèces soient immuables. Il en est de même des formes de bactéries qui, au cours des dernières années, sont devenues résistantes à nos antibiotiques.

LES PREUVES DE LA BIOGÉOGRAPHIE

La distribution géographique actuelle des espèces est révélatrice de leur histoire. Ainsi, les espèces de plantes et d’animaux qui ressemblent le plus à celles des îles Galápagos sont des espèces vivant en Équateur, la terre ferme la plus proche, à environ 1000 km. Cette distribution géographique suggère fortement que des espèces de l’Équateur ont émigré jusqu’aux Galápagos et s’y sont transformées sous des conditions légèrement différentes. Si toutes les espèces avaient été créées indépendamment les unes des autres, alors pourquoi le Créateur aurait-il placé tous les marsupiaux en Australie et aucun en Afrique ? Ou pourquoi avoir placé tous les lémurs à Madagascar, ou tous les singes à queue préhensile en Amérique du Sud, ou aucun ours en Afrique ? Ça semble des caprices sans raisons. Rien dans le climat australien ne permet de croire qu’une poche marsupiale est avantageuse seulement dans cette île ; rien dans la structure ou l’écologie des forêts d’Amérique du Sud n’oblige à porter une queue préhensile plus qu’en Asie ou en Afrique.

Ces distributions géographiques selon lesquelles les espèces qui se ressemblent se rassemblent indiquent que ces dernières ont évolué à partir d’ancêtres communs ayant émergé à un endroit particulier. Tout comme la distribution des Tremblay au Québec il y a cinquante ans. L’alternative serait que le Créateur n’aurait pas distribué ses créatures n’importe où, mais aurait placé, sans raison, les espèces les plus semblables tout près les unes des autres, et mis une distance de plus en plus grande entre les espèces de moins en moins semblables. L’évolution explique très bien toutes ces distributions géographiques à première vue fantaisistes et mystérieuses.

CONCLUSION

Toutes les autres explications qu’on pourrait tenter de formuler pour les sept observations que l’on vient de voir sont beaucoup moins plausibles, moins convaincantes et parfois carrément farfelues. L’évolution explique d’une manière simple, convaincante et cohérente toutes ces observations diverses.

Il semble donc très clair que, si nous regardons la nature avec notre cerveau, c’est-à-dire avec notre raison et avec un esprit critique, et non pas seulement avec nos yeux, toutes ces preuves montrent, hors de tout doute raisonnable, que l’évolution est un fait, que la vie a une histoire, qu’à partir de l’origine de la vie les espèces se sont formées et transformées et qu’elles ont émergé les unes des autres.

Ce fait intriguant, spectaculaire, incroyable même étant désormais admis, on veut tenter de l’expliquer. On veut formuler une ou plusieurs théories pour expliquer cette incroyable évolution. Ici les biologistes s’entendent moins bien, la question est plus difficile que de simplement constater le fait.

Source:viaveritas

Le pinson s’adapte

Geospiza fortis
Geospiza magnirostris


Les pinsons des Galapagos, qui ont inspiré Darwin, viennent d’être surpris en pleine adaptation ! Peter et Rosemary Grant, de l’université de Princeton, ont observé que Geospiza fortis, un pinson de taille moyenne de l’île de Daphné, a vu la taille de son bec diminuer seulement 22 ans après l’arrivée d’un concurrent : Geospiza magnirostris, un grand pinson au très puissant bec.

Au cours des pénuries dues aux sécheresses de 2003 et 2004, ces nouveaux venus raflant toutes les grosses graines trois fois plus vite, l’espèce locale a été contrainte de se spécialiser dans les toutes petites graines restantes. Et les pinsons dotés d’un bec petit, capable de les ramasser, ont été favorisés pour survivre aux côtés des grands pinsons !

C’est la première fois que l’on observe un changement de caractère aussi important en une seule génération.

Source : Science et Vie-viaveritas

jeudi 17 juillet 2008

Un tiers du corail va disparaitre !


Kent Carpenter de l'Université Old Dominion à Norfolk, et ses collègues, ont étudié dans le détail plus de 700 espèces de ces coraux et les ont classées en fonction des critères de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature pour la protection des espèces. Cette classification comporte huit catégories allant de "Sans problème particulier" à "Éteinte", sans oublier celle des espèces dont on ne peut juger de la situation par manque d'informations.

La plupart des coraux des récifs n'étant pas suivis depuis assez longtemps pour que l'on puisse directement en déduire leur évolution, les auteurs ont analysé diverses caractéristiques propres à la vie de chacune de leurs espèces et parallèlement corroboré les estimations sur le déclin des aires de récifs coralliens. Il ressort de leur travail que sur 704 espèces, 231 sont "en danger critique d'extinction", "en danger" ou "vulnérables". Le risque d'extinction a aussi augmenté ces dix dernières années. Sans l'épisode de blanchiment massif de 1998, il n'y aurait eu que 13 espèces dans ces trois catégories.

Les principales causes de cette évolution sont selon les auteurs le réchauffement climatique et les perturbations locales dues aux activités humaines. "Nos résultats, écrivent-ils, soulignent la détresse des récifs coralliens et l'urgent besoin de mesures de protection".


Source: techno-science/Science, AAAS & EurekAler

Des chimpanzés contaminés par des virus humains

Les chimpanzés, espèce en voie de disparition, doivent désormais faire face à une menace supplémentaire. Après avoir mené une campagne d'études au sein du parc national des montagnes Mahale, en Tanzanie, une équipe de scientifiques de l'université américaine Virginia Tech a prouvé la contamination de nos plus proches cousins par... des virus d'origine humaine, parfois mortels. Non content de détruire les chimpanzés à grands coups de braconnage et de déforestation, l'être humain leur transmet aussi ses maladies.

Dans un article publié dans le numéro d'août de la revue American Journal of Primatology, Taranjit Kaur et ses collègues constatent que certains chimpanzés souffrent d'affections respiratoires chroniques dues à une mutation du métapneumovirus humain, responsable de bronchiolites et de pneumonies. Ces travaux confirment les résultats récents obtenus par divers instituts européens et divulgués, en février, dans la revue Current Biology. Ils mettaient en valeur la présence de virus similaires sur des cadavres de chimpanzés du parc national de Taï, en Côte d'Ivoire. Le phénomène ne serait donc pas isolé et pourrait couvrir l'ensemble du territoire africain.

MASQUES ET DÉPISTAGES

"L'origine exacte de ce virus et sa voie spécifique de transmission demeurent encore peu claires", souligne Mme Kaur, qui réclame des études plus poussées et la mise en place d'une surveillance des maladies infectieuses chez les chimpanzés. Pourtant, un certain nombre d'indices montrent que les souches analysées proviendraient de touristes ou... de scientifiques. L'écotourisme et la recherche ont souvent été vantés auprès des pays en voie de développement comme une façon de valoriser les espèces en danger et leur habitat naturel. L'intérêt était de pousser les gouvernements à protéger les animaux afin d'en tirer des contreparties à la fois économiques et écologiques. Mais le risque infectieux, mis en évidence par ces études, pourrait accélérer l'extinction des chimpanzés et dépasser les bénéfices.

"L'écotourisme est le coeur des économies locales et nationales des pays abritant la vie sauvage. S'il s'arrête, ce sera dévastateur pour leurs populations, grandement dépendantes de ces sources de revenus", note Taranjit Kaur. En conséquence, la chercheuse préconise un certain nombre d'adaptations visant à faire évoluer le secteur et à préserver les populations restantes de grands singes : port systématique de masques chirurgicaux pour les chercheurs et les touristes, dépistages pour les salariés du parc, programmes de sensibilisation, etc.

Sabrina Krief, primatologue et maître de conférences au Museum national d'histoire naturelle, tient cependant à relativiser certains des points soulevés par Taranjit Kaur. Elle fait valoir que des protocoles sanitaires stricts ont déjà été adoptés par de nombreuses réserves, comme par exemple en Ouganda avec les gorilles. "Les maladies sont impressionnantes car elles frappent fort et très rapidement. Mais la mortalité qui leur est due reste marginale, explique Sabrina Krief. Il ne faut surtout pas se détourner des causes premières de la disparition progressive des grands singes. Une prise de conscience des gouvernements locaux est nécessaire. Ils doivent prendre des mesures strictes contre la chasse, les risques de conflits locaux et la déforestation.

Source:le monde

mardi 15 juillet 2008

Un chat adopte un bébé panda

Un chat d’Amsterdam vient aider les zoologues, il a adopté un bébé panda.
Le panda roux, appelé Firefox en anglais, est un mammifère originaire de la Chine méridionale et de l’Himalaya. Le panda roux est bien spécial. Contrairement à ce qu’on pourrait penser il n’appartient pas à la famille des ours mais à la famille des ratons laveurs.

Cette espèce est menacée. La réduction de son habitat, mais aussi le braconnage en sont les principales raisons. Ainsi, la naissance de pandas roux en captivité est toujours une bonne nouvelle.

Les responsables du Zoo Artis d’Amsterdam étaient ravis lorsqu’une mère panda roux donna naissance à deux bébés. La joie fut rapidement calmée lorsque le lendemain de la naissance, la mère abandonna ses deux petits. Les deux pandas n’étaient, évidemment, pas sevrés. L’hypothermie et la disette les guettaient.
Une chatte, appartenant à l’un des employés du zoo, venait de donner naissance à des chatons. Les deux petits pandas furent donc donnés comme nouveaux bambins à la chatte. Pour l’un des deux pandas roux, il était trop tard. Par contre, le second a survécu et a été adopté par la chatte. Il prend la tétée en même temps que les autres chatons. Afin de sauver le panda, la situation doit durer encore quelques semaines.

Dans la nature, les petits sont sevrés au bout de 5 mois. Les pandas roux ont une taille légèrement plus importante que les chats.

Sources sur-la-toile.com

lundi 14 juillet 2008

La belle nature

La belle nature
Vidéo envoyée par persee

Les beautés de la nature au travers de quelques photographies ... sur une mélodie d'Enya - Relaxation.
Émerveillement et détente.

vendredi 11 juillet 2008

Le mâle lémurien attire les femelles grâce à son parfum


Les chercheurs de l'université de Duke (Caroline du Nord) et du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS, Université de Montpellier I, II et III, ENSA Montpellier, CIRAD, Ecole pratique des hautes études de Paris) ont remarqué qu'en période de reproduction chaque mâle se distingue grâce à son odeur, d'autant plus complexe qu'il possède une grande diversité génétique.

Ces effluves permettraient ainsi à la femelle de choisir le meilleur partenaire «reproducteur», selon leurs travaux, récemment mis en ligne sur le site de la revue Molecular Ecology.

L'olfaction apparaît comme «un moyen de communication plus important que prévu chez certains singes, tout particulièrement chez les lémuriens», note le CNRS dans un communiqué. Ces mammifères, qui vivent presque exclusivement à Madagascar, regroupent plus d'une trentaine d'espèces, dont l'une des plus connues, le lemur catta, vit en petits groupes sous la domination des espèces.

Dans cette espèce, «la communication olfactive joue un rôle prépondérant dans les relations sociales» et le mâle «possède trois jeux de glandes produisant des composés chimiques odorants, parmi lesquelles les glandes scrotales situées au niveau des testicules».

Marie Charpentier, chercheur au Centre d'écologie fonctionnelle évolutive et ses collèges de l'université de Duke ont été étudié les effluves de ces glandes sur un échantillon de 19 mâles adultes provenant d'une colonie en semi-liberté hébergée au Duke Lemur Center, précise le CNRS.

Ils ont découvert un lien entre la diversité chimique des odeurs sécrétées et la diversité génétique de l'individu: plus un mâle était d'une grande variété génétique, plus le parfum était complexe, avec des composés odorants fréquents et abondants.

Or, «ce phénomène n'est observé qu'en saison de reproduction, une période relativement stressante pour les mâles qui entrent en compétition pour accéder aux femelles». Ces dernières pourraient ainsi repérer les mâles les plus hétérozygotes, un signe de santé, grâce à leur parfum, évaluant ainsi «la valeur génétique du mâle» pour «choisir celui qui aura les meilleures qualités à transmettre à ses descendants».

Par ailleurs, «plus des mâles sont distants par l'odeur, plus ils le sont génétiquement», note le CNRS. Le message olfactif apporterait ainsi une précision sur le degré de parenté entre deux lémuriens. Là encore, le lien n'existe qu'en période de reproduction.

Source:cyberpresse.ca

Sauver les tigres


La Banque mondiale a lancé lundi un projet visant à freiner le déclin dramatique de la population sauvage des tigres, une espèce en danger dont les quelque 4.000 spécimens en vie sont essentiellement en Asie.

L'Initiative pour la sauvegarde des tigres débutera par des négociations avec les pays abritant une forte population de ce félin. Les objectifs seront d'évaluer les fonds nécessaires à la préservation, d'identifier les sources de financement et de mobiliser les ressources pour la protection de cette espèce, ont expliqué des responsables de la Banque.

"Comme c'est déjà le cas pour les autres défis de développement durable, tels le changement climatique, les pandémies ou la pauvreté, la crise relative aux tigres dépasse les capacités locales et outrepasse les frontières nationales", a déclaré le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, lors d'une conférence de presse au Zoo national de Washington.

"C'est un problème qui ne peut être géré par une seule nation. Il est nécessaire qu'un profond soutien international soit combiné avec des engagements locaux importants", a-t-il affirmé.

Mais avant le lancement du projet, il a déjà été la cible d'associations oeuvrant pour la sauvegarde des tigres en Inde, pays abritant la plus large population sauvage de cet animal, se disant sceptiques vis-à-vis de cette initiative.

Ces associations reprochent à la Banque sa participation à des projets en Inde ayant eu un impact sur la faune et la flore, comme la construction d'autoroutes.

Dans le but de montrer que la Banque prend les revendications de ces groupes au sérieux, M. Zoellick a affirmé lundi que la première étape de son combat pour la préservation de ces animaux sera de revoir sa propre politique interne.

"Afin de tirer des leçons du passé et d'améliorer notre engagement futur, notre groupe d'évaluation indépendant analysera nos projets situés dans les zones d'habitation des tigres", a-t-il dit.

L'acteur Harrison Ford et l'actrice Bo Derek étaient présents au côté de M. Zoellick pour mettre leur notoriété au service de cette initiative.

"En agissant ensemble, nous pouvons renforcer la sécurité des tigres et réunir les ressources nécessaires pour la sauvegarde du tigre sauvage", a affirmé John Seidensticker, un biologiste de renommée mondiale impliqué dans la sauvegarde du tigre et directeur du centre pour l'écologie de la préservation du Zoo national.

John Berry, le directeur du zoo, a décrit l'initiative comme "l'unique et la plus importante action pour la sauvegarde du tigre jusqu'à aujourd'hui".

Le braconnage et le trafic dont sont victimes les tigres sont à leur plus haut niveau dans une Asie en plein boom économique.

Le nombre d'individus de l'espèce a connu une nette diminution, passant de 100.000 il y a un siècle à 4.000 aujourd'hui, suite à la disparition de leurs proies et à la destruction de leur habitat causées par un développement incontrôlé et la chasse illégale pratiquée intensivement en vue de l'approvisionnement des marchés noirs en peaux et os de tigres.

Le tigre n'occupe plus que 7% de son territoire initial, enregistrant une diminution de 40% de son habitat ces 10 dernières années, a souligné M. Seidensticker.

La Coalition internationale sur le tigre (CIT), regroupant 39 membres et visant à mettre fin au commerce international de cet animal, a demandé à la Banque mondiale d'avoir un dialogue "franc et ouvert" avec les pays sur la préservation de l'animal.

La Banque Mondiale prévoit d'organiser un sommet "Année du tigre" en 2010.


© 2008 AFP

Brutal réchauffement climatique il y a environ 15 000

Selon une équipe européano-japonaise, un brutal réchauffement climatique se serait produit en 2 fois il y a environ 15 000 ans, 10°C en 3 ans puis 10°C en soixante ans, ce qui a eu probablement comme conséquence l'apparition du Sahara, la disparition de nombreuses espèces animales en Europe de l'ouest (mammouth, rhinocéros laineux, rennes)... et le développement des civilisations humaines modernes.

Si un réchauffement d'une telle ampleur a pu se produire aussi rapidement il y a quelques dizaines de siècles sans que l'influence de l'homme puisse avoir un quelconque impact, pourquoi le réchauffement climatique observé actuellement ne pourrait pas avoir les mêmes causes?

A mon avis, cela rend caduque les conclusions très (trop) hatives du GIEC sur le rôle de l'homme sur l'évolution du climat actuel.

Je n'ose imaginer ce que les experts du GIEC auraient sorti à nos ancêtres il y a 15 000 ans sur leur rôle dans le formidable cataclisme climatique qu'ils ont vécu à l'époque.
Source:futura science

mercredi 9 juillet 2008

Une licorne en Italie?

Non, simplement un chevreuil muni d'un seul jeu de bois, au milieu du crâne. Le cervidé, qui évoque l'animal mythologique présent dans de nombreuses fables, a été repéré dans une réserve naturelle dans le nord du pays, ont annoncé mercredi les autorités.


«C'est le fantastique devenu réalité», a déclaré à l'Associated Press Gilberto Tozzi, directeur du Centre de sciences naturelles de Prato, près de Florence, en Toscane. «La licorne a toujours été un animal mythologique».

La licorne est en réalité un chevreuil d'un an -baptisé «Licorne»- né en captivité dans le parc, a-t-il précisé. Son unique jeu de bois semble provenir d'une malformation génétique, son jumeau ayant, lui, des bois réglementaires de chaque côté de la tête.

Gilberto Tozzi affirme que c'est la première fois qu'il voit un cas pareil, et estime que de telles anomalies pourraient être à l'origine du mythe de la licorne, animal mystérieux censé posséder des pouvoirs magiques présent dans de nombreux contes et légendes depuis des centaines d'années.

«Cela montre que même autrefois, il y a pu avoir des animaux avec cette anomalie», a expliqué Gilberto Tozzi par téléphone. La légende de la licorne n'est donc «pas qu'un rêve».

Les cervidés avec un seul jeu de bois sont rares, mais plusieurs ont déjà été repérés. Plus exceptionnel est la position centrale du jeu de bois de «Licorne». «Généralement, le jeu de bois est d'un côté (de la tête) plutôt qu'au centre. Là, ça ressemble à un cas complexe», explique Fulvio Fraticelli, directeur scientifique du zoo de Rome. Selon lui, la position du jeu de bois pourrait également être la conséquence d'un traumatisme survenu tôt dans la vie de l'animal.

D'autres mammifères semblent avoir contribué à la légende de la licorne, notamment le narval, un cétacé avec une longue défense.
Source:cyberpresse.ca

Droits des grands singes

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Les droits des grands singes concernent notamment le droit à la vie, l'interdiction de torture et la restriction de leur exhibition devant le public (photo GAP)

La planète des singes (1967) -cette fiction mettant en scène une planète terre dominée par les singes, et des êtres humains réduits en esclavages, aurait pu trouver l’origine de son scénario dans la nouvelle mesure adoptée par le parlement espagnol.
Si la ressemblance, parfois dérangeante, entre l’être humain et le singe peut faire frissonner, l’Espagne, elle, ne tremble pas. La commission environnementale du congrès des députés, a fait signer une résolution au gouvernement pour faire adhérer l’Espagne au "Projet Grands Singes" (GAP). Ce projet a pour but de considérer les singes comme membres d’une "communauté d’égaux", et donc de leur concéder une personnalité juridique, statut attribué jusqu’à présent uniquement aux êtres humains.

Langage de singe
Peter Singer, cet homme à l’homographie frappante et amusante en la matière, est à l’origine de ce projet. Philosophe australien, il est surtout connu pour son livre intitulé La libération animale (1975), qui a inspiré nombre de mouvements modernes de défense des animaux.
La reconnaissance de droits aux grands singes, se traduit par un droit à la vie, à la liberté individuelle, à l’interdiction d’acte de torture sur la personne, et à la restriction d’exhibition du primate dans les films, ainsi que sa détention dans les cirques. Les King- Kong et Cheeta pourraient donc bien déserter les écrans espagnols.
Cette résolution suscite bien des polémiques. Si le parti socialiste voit dans cette mesure une solution pour protéger une espèce menacée, le Parti Populaire fait la grimace, trouvant que ce projet accorde des droits disproportionnés aux singes. L’Eglise catholique s’insurge sur le sujet, faisant remarquer que ces droits ne sont même pas accordés à l’embryon. De leur côté, les aficionados ont peur que le parlement singe cette mesure pour l’appliquer aux taureaux d’arènes. Quant aux singes, s’ils ne semblent pas avoir d’avis sur la question pour le moment, ils pourront le communiquer prochainement puisque le GAP envisage de leur apprendre la langue des signes. Ils sont sûrement prêts à payer le prix fort pour leur liberté… en monnaie de singe évidemment !
Source:www.lepetitjournal.com


mardi 8 juillet 2008

Les fourmis s'adaptent à l'environnement!

En combinant des travaux de terrain en Australie et des modèles mathématiques, trois scientifiques du laboratoire Fonctionnement et évolution des systèmes écologiques ont montré que les colonies de fourmis Rhytidoponera produisent des reines ailées de qualité et de quantité variables en fonction des conditions environnementales. Dans certains cas, des colonies ont même cessé de produire des reines fondatrices et se multiplient uniquement en se scindant. Ces travaux sont publiés dans la revue The American Naturalist de juillet 2008.


Les fourmis ont colonisé tous les habitats terrestres notamment grâce aux nombreuses stratégies dont elles disposent pour établir de nouvelles colonies. Les reines peuvent fonder de nouvelles colonies de manière indépendante: après une dispersion par le vol, chaque reine produit ses premières ouvrières seule. Alternativement, les reines peuvent quitter leur colonie initiale en étant accompagnées d'un groupe d'ouvrières: cette 'fission coloniale' améliore la survie des reines puisqu'elles ne sont jamais seules, mais la dispersion à longue distance est perdue car les ouvrières de fourmis n'ont pas d'ailes.

Les colonies de fourmis Rhytidoponera produisent des reines ailées de qualité et quantité variables en fonction des conditions environnementales. C'est ce qu'ont mis en évidence les scientifiques du laboratoire Fonctionnement et évolution des systèmes écologiques (CNRS/Université Pierre et Marie Curie/ENS Paris). Ils ont étudié le groupe de fourmis carnivores (chasseuses de petits insectes) Rhytidoponera impressa distribuées du Nord au Sud de la côte Est australienne. Les scientifiques ont collecté des colonies de fourmis avant les vols nuptiaux et ont mesuré les réserves métaboliques des jeunes reines. Ils ont montré que les colonies des forêts tropicales (au Nord de l'Australie) produisent de nombreuses reines de faible qualité (peu munies de réserves métaboliques). Au contraire, dans les forêts tempérées du Sud de l'Australie, où la rigueur des hivers rend l'abondance des proies moins prévisible, les colonies produisent moins de reines, mais elles sont plus lourdes. De telles reines possédant plus de réserves de graisse n'ont pas besoin de chasser autant et donc survivent mieux.

D'autre part, les scientifiques ont observé que si la fondation indépendante devient inefficace, les colonies peuvent se reproduire en se scindant. Elles ne produisent alors plus de reines car les ouvrières peuvent s'accoupler dans ce groupe de fourmis, et sont donc des pondeuses alternatives moins coûteuses que les reines.

Les modèles mathématiques ont montré que les paramètres environnementaux tels que la quantité de nourriture et les fluctuations environnementales provoquent ces changements dans la reproduction coloniale. Cependant, les chercheurs ont aussi observé que les reines sont conservées dans la nature plus longtemps que la théorie ne le prévoit, ce qui est probablement dû aux bénéfices qu'elles apportent en terme de dispersion aérienne.


Source: CNR

Le retour de la chauve-souris géante

Observée récemment dans les hauts de l'Est, une population de roussettes étonne la communauté scientifique. Et pour cause, cette espèce frugivore indigène avait complètement disparu de la Réunion. Selon des experts, ces chauves-souris géantes viendraient de Maurice.

Sa grande taille - environ un mètre d’envergure - lui a valu le surnom de "Flying fox" (renard volant) par les Américains. Présentes sous différentes formes et espèces dans toutes les îles de l’océan Indien, les roussettes avaient disparu de la Réunion dans le courant du XIXe siècle (lire par ailleurs). Les seuls individus observables jusqu’alors sont au... Muséum d’histoire naturelle de Saint-Denis (ou au zoo, depuis 1998, avec un couple vivant, offert par l’île sœur). Une histoire à conjuguer au passé depuis juin 2007, la date, semble-t-il, de la première observation officielle de roussettes sur un site des hauts de l’Est par un habitant un brin... décontenancé. Ce dernier prévient les pompiers de la commune. Aussitôt, cette information se répand comme une traînée de poudre dans le microcosme des naturalistes péi. Mais dans un but évident de protection, ces derniers jouent la discrétion. Raison pour laquelle la localisation exacte n’a pas été dévoilée. Depuis, les observations sur le terrain se sont succédé, notamment en décembre dernier par la BNOI (Brigade nature de l’océan Indien), accompagnée de Sarah Caceres, de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage qui aura pour tâche de trouver les réponses aux questions que tout le monde se pose. "On ne peut rien affirmer sur leur nombre, la première visite n’ayant pas permis de préciser exactement leur population. Une fois un protocole scientifique mis en place, d’autres observations auront pour mission de définir à la fois l’espèce, leur origine et la population", précise-t-elle.

Un second site évoqué

Plusieurs sources concordantes font état d’un groupe originel d’au moins six individus, qui aurait grossi à une dizaine de spécimens depuis. Un comptage aléatoire, mais qui confirmerait une reproduction de la chauve-souris. Un second site d’observation proche du premier a d’ailleurs été évoqué. Un nombre - à confirmer - qui n’assure pas pour autant automatiquement sa survie. La disparition d’un ou deux individus pouvant remettre en cause l’existence du groupe tout entier. Et les menaces ne manquent pas : braconnage, une tempête ou un cyclone (les roussettes vivent accrochées aux branches et non dans des cavernes). De quelle espèce s’agit-il ? Si des analyses ADN devraient bientôt trancher, certains affirment d’ores et déjà avoir reconnu la roussette noire (pteropus niger), endémique des Mascareignes, mais seulement présente à Maurice. L’une des deux roussettes historiques de La Réunion. Une thèse qu’auraient confirmée des spécialistes de l’île soeur à l’aide de clichés pris sur place (voir en illustration). Pour les naturalistes, la réintroduction est à marquer d’une pierre blanche. "C’est une chance unique de pouvoir assister en direct à une telle introduction, comme cela s’était déroulée il y a des siècles, bien avant l’arrivée de l’homme. Et si elles restent assez longtemps, nous pourrions assister à la naissance d’une nouvelle espèce endémique", commente Alain Brondeau, du service d’appui à l’aménagement et au développement durable au Parc national. Mais pour d’autres, les roussettes restent d’abord des prédateurs de vergers. Raison pour laquelle Maurice a autorisé leur chasse (lire par ailleurs). Plusieurs éléments doivent cependant nous rassurer : après plus d’un an de présence avérée, aucune autre observation par des particuliers n’a été relevée. La preuve que le mammifère continue de trouver sa nourriture (abondante) dans le milieu naturel. Nos vergers peuvent respirer pour encore longtemps. Les agriculteurs aussi. Le risque "d’invasion" est également à proscrire : les femelles ne donnent naissance qu’à seul petit par saison. Leur réintroduction est une découverte exceptionnelle. Une réintroduction fragile... la magie de la nature

200 ans après avoir disparu, la roussette retrouve la forêt réunionnaise

Au premier étage du muséum d'histoire naturelle dans le Jardin de l'État à Saint-Denis, dans la vitrine des espèces disparues, une roussette noire déploie ses ailes au-dessus d'un ibis, le Solitaire de la Réunion, confondu jusqu'en 1995 avec le dodo de Maurice.

Elle fait partie des collections du muséum depuis le XIXe siècle, date à laquelle la dernière espèce de roussette présente dans notre île a été officiellement exterminée. D’ici quelques années, si les roussettes noires réussissent à faire souche, celle de la vitrine du muséum devra être sortie des espèces disparues. D’ores et déjà, c’est un exemple rarissime de retour dans un milieu naturel d’une espèce indigène totalement éradiquée. L’arrivée des roussettes noires en provenance de l’île Maurice, vraisemblablement apportées par des vents cycloniques, reproduit, à échelle réduite, la manière dont notre île a été progressivement colonisée par les plantes et les animaux avant l’arrivée de l’homme.

De grandes voyageuses

Les scientifiques s’attendaient à ce que ce phénomène se produise un jour. C’est la raison pour laquelle la roussette noire est restée sur la liste des espèces protégées (lire par ailleurs). Avant la découverte de l’année dernière, les faits leur ont donné une première fois raison. Le 11 février 2002, une roussette noire venant de Maurice avait été trouvée à Tan-Rouge. Très affaiblie, elle n’a pas survécu. Elle est aujourd’hui conservée naturalisée au muséum d’histoire naturelle.

D’où venaient les chauves-souris qui ont peuplé la Réunion ? "Si la plupart des espèces de Pteropus habitent la partie orientale de l’océan Indien et les terres situées plus à l’est jusque dans les îles du Pacifique occidental, certaines ont colonisé des îles de l’ouest de l’océan Indien.

On les rencontre en particulier aux Mascareignes, aux Seychelles, à Madagascar, aux Comores, ainsi que sur les deux îles tanzaniennes de Mafia et de Pemba. Aucune ne semble n’avoir jamais été plus loin, c’est-à-dire sur le continent africain", explique François Moutou du laboratoire central de recherches vétérinaires de Maison-Alfort, un des spécialistes des chauves-souris.

Lorsque l’homme pose pour la première fois le pied sur une plage de notre île, il ne le sait pas encore mais un autre mammifère, la chauve-souris, l’a devancé. L’île abrite cinq espèces, dont deux de roussettes (lire l’encadré). "Les roussettes ont attiré l’attention des voyageurs très tôt, confirme François Moutou. Thomas Herbet venu à Maurice vers 1627 parle de chauves-souris grosses comme des vautours.

Il existe même une description de la roussette de Maurice qui date de 1605. La description des deux espèces communes à la Réunion et à Maurice est attribuée à Geoffroy Saint-Hilaire en 1810 par Dobsen qui décrit lui-même l’espèce de Rodrigues."

La roussette noire (Pteropus niger), celle-là même que l’on vient de retrouver dans l’Est et la rougette ou collet rouge (Pteropus subniger) peuplaient en grand nombre les forêts réunionnaises et mauriciennes au XIXe siècle. "La roussette noire est certainement une des plus anciennes connues et décrites par les naturalistes, indique François Moutou. Geoffroy Saint-Hilaire la décrit ainsi : le pelage est noir, la face et les flancs supérieurs sont roux, grandeur : 23 cm, envergure 98 cm."

La roussette noire aura plus de chance que la rougette. La première sera exterminée à La Réunion mais survivra à Maurice d’où elle nous revient aujourd’hui.

La seconde disparaîtra des deux îles. "Deux exemplaires existent à la galerie de zoologie du muséum d’histoire naturelle de Paris", indique François Moutou.

"Il semble que la rougette ait survécu plus longtemps que la roussette noire, avance le scientifique. En effet, Maillard en 1863 et Vinson en 1868 ne citent que la seule rougette à La Réunion qu’ils disent rare. Il est possible que la roussette noire se soit éteinte à la fin du XVIIIIe ou au début du XIXe alors que la rougette a pu disparaître durant la deuxième moitié du XIXe siècle." Que faire à présent ? Laisser la nature faire ce qu’elle a si bien commencé sur les hauteurs de l’Est. Laissons à la petite population de roussette noire une chance de reprendre pied dans une forêt réunionnaise qu’elle peuplait bien avant que l’homme n’ait seulement l’idée de débarquer à La Réunion. À l’heure où les Mauriciens ont lancé la chasse à la roussette noire, faisons en sorte que cette dernière n’aille pas rejoindre la rougette au panthéon des espèces disparues

Source:polo974.org

Le héron cendré prolifère désormais en FRANCE


LILLE (AFP) — Au seuil de la disparition en France il y a un siècle, le héron cendré prolifère désormais sur les cours d'eau d'une région aussi industrielle que celle du Nord-Pas-de-Calais, offrant une récompense aux efforts de protection des zones humides.

En plein centre de Lille, une promenade matinale le long de la Deûle permet de dénombrer quatre ou cinq hérons guettant patiemment leurs proies à bonne distance les uns des autres.

Les colonies de hérons nordistes abritent désormais plus de 1.200 couples tandis que leurs blanches cousines, les aigrettes garzettes, progressent régulièrement, selon une étude rendue publique au cours d'un séminaire à Auxi-le-Château (Pas-de-Calais) par le Groupe ornithologique du Nord-Pas-de-Calais (GON).

José Godin, qui a coordonné ces observations des oiseaux de la famille des ardéidés --qui harponnent leurs proies dans les eaux peu profondes-- a en revanche souligné la "régression à la limite du seuil d'extinction" du butor étoilé, qu'on ne voit pratiquement jamais mais dont on entend quelquefois le bizarre mugissement dans les roselières.

Le blongios nain, qui lui ressemble, "régresse nationalement mais reconstitue ses effectifs régionalement même si c'est sur un nombre de sites plus réduit".

Ces études correspondent à la démarche de la coordination nordiste des Espaces naturels régionaux (ENR), qui a expérimenté depuis sept ans l'observation des oiseaux comme méthode d'évaluation de l'état des zones humides. Celles-ci sont en effet menacées par les activités humaines alors qu'elles épurent les ressources aquatiques, régulent les cours d'eau et préservent la biodiversité.




Chaque zone se voit ainsi attribuer un indice en fonction de la diversité des oiseaux observés par un réseau de connaisseurs et surtout de leur "valeur patrimoniale", plus forte pour les espèces rares et menacées. L'évolution annuelle de cet indice permet de tirer des conclusions sur l'état de santé des milieux humides.

"Après sept ans d'observations, on note un maintien encourageant dans ces zones des espèces d'oiseaux patrimoniales mais il est difficile de dire si cette tendance est robuste", soulignait prudemment au cours du séminaire le chargé de mission de l'ENR Fabien Brimont.

"L'observation des oiseaux d'eau en Bourgogne sur dix ans a montré que des espèces ont accru leurs effectifs et les extrapolations les plus alarmistes n'ont pas été confirmées", a renchéri Bernard Frochot, consultant en ornithologie à l'université de Dijon.

Romain Juliard, du Muséum national d'histoire naturelle a souligné que comme pour les autres biotopes, "ce sont les oiseaux très spécialisés qui pâtissent des perturbations du climat ou du paysage, alors que ceux qui sont généralistes s'adaptent".

Les zones humides ont perdu 30% de leur superficie en France entre les années 60 et 90 mais elles couvrent encore 7,5% du Nord-Pas-de-Calais.

Dans cette région, elles bénéficient curieusement de l'héritage industriel: l'affaissement des zones d'exploitation minière et l'abandon de carrières ou d'anciens bassins de décantation de l'industrie agroalimentaire ont créé avec le temps d'excellents réservoirs de biodiversité.

Paradoxalement, les marais historiques comme celui de Roussent (Pas-de-Calais) dans la basse vallée de l'Authie --200 espèces végétales et 70 d'oiseaux sur 70 hectares-- doivent faire l'objet d'interventions humaines suivies (débroussaillage, curage) pour préserver leur richesse patrimoniale.